POURQUOI DICOPATHE?

Je m’appelle Jacques Picard et je souffre depuis l’enfance d’une maladie incurable : une forme aigüe de « dicopathie ».
 Les symptômes sont faciles à repérer : le sujet qui en est atteint, le « dicopathe », présente une obsession maladive pour tout ouvrage qui s’apparente de près ou de loin à un « dico », c’est-à-dire un livre dans lequel les mots sont classés par ordre alphabétique (dictionnaire, encyclopédie, glossaire, lexique, répertoire, vocabulaire…).

Ce mal trouve sa source dans mes jeunes années. Ma mère institutrice possédait un Larousse en six volumes qu’elle avait placé en majesté sur la commode du salon, tel un juge de paix. Dès qu’il y avait débat sur l’orthographe, la prononciation ou le sens d’un mot, il convenait de s’y référer et ses avis étaient sans appel !

Ce virus, contracté très tôt, est toujours resté virulent chez moi puisque, depuis cette époque, je n’ai jamais pu vivre sans un dictionnaire à portée de main
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L’AVENTURE DE LA DICOPHILIE

Lorsque ma vie professionnelle s’est achevée, cette pathologie a évolué en une véritable “dicomanie” marquée par une prédilection pour les dicos de langue française, de préférence anciens.
 Bénéficiant désormais d’un agenda allégé, je suis parti à la chasse aux dictionnaires et je les ai rassemblés dans une « dico-thèque » dont les rayons ne contiennent que des livres de la famille des dictionnaires et des encyclopédies.

Devenu bibliophile spécialisé dans un domaine dont j’ai peu à peu découvert l’infinitude, je confesse une admiration sans bornes pour ces dictionnaristes d’avant internet qui, un matin, se sont réveillés avec cette idée folle : « et si je faisais un dictionnaire ? »

Quand je parcours ma bibliothèque des yeux, je me souviens du moment, souvent intense, où j’ai acquis chacun de mes chers dicos lors d’une découverte inattendue chez un libraire, d’une négociation féroce sur un site de recherche spécialisé ou à l’issue d’une enchère victorieuse dans une salle des ventes.

C’est que chaque acquisition se vit comme une véritable aventure : il faut choisir le livre, le prendre en main, le palper, examiner sa reliure, détailler sa page de titre, parcourir ses pages de textes et ses planches. Vient ensuite la phase d’appropriation pour peu que l’ouvrage m’ait séduit et que le désir que j’en aie, me pousse à l’acquérir, souvent à un prix que j’aurais trouvé déraisonnable de prime abord.

LE PARTAGE D’UNE PASSION

Au cours de cette quête inlassable de dictionnaires, il m’est souvent arrivé de faire de belles rencontres et j’ai croisé des amateurs de dicos frappés du même mal que moi, comme Pierre de Witte, fondateur du site dico-collection.com. et devenu un grand ami. C’est lui qui m’a donné l’envie de mettre en ligne mes trésors de papier pour partager ma passion et animer un blogue destiné aux amoureux des dicos. De ce désir de transmission et de rencontres est né le site Dicopathe.

L’aventure Dicopathe n’aurait pu être menée à bien sans l’aide précieuse de mon fils Vincent, historien de formation et libraire de métier. Bien que résidant à 900 kms l’un de l’autre, nous sommes parvenus à instaurer une fructueuse collaboration à distance. Disposant des ouvrages il me revient d’en réaliser les photos pendant que, de son côté, Vincent rédige les notices descriptives et explicatives qu’il enrichit de nombreux liens documentaires.

Bonne découverte du site, n’hésitez à vous y perdre en passant d’un ouvrage à l’autre, comme dans le jeu de “saute-définitions” qui, pour un dicophile, consiste à passer d’un mot à l’autre, guidé, selon l’inspiration du moment, par le hasard, l’intuition ou la curiosité!

Dicopathiquement vôtre,

Jacques Picard