Noblesse française

Dictionnaire des anoblissements

contenant l'indication des anoblissements, maintenues de noblesse, concessions, collations de titres, etc., accordés par les rois de France, avec les dates d'enregistrement sur les registres du Parlement de Paris et sur ceux de la Chambre des Comptes et de la Cour des aides, 1270-1790 Précédé d'un Dictionnaire des noms propres, par le comte HALLEZ-CLAPARÈDE, député

Auteur(s) : GOURDON de GENOUILLAC Nicolas Jules Henri, GODET de SOUDÉ François, PARIS Louis

 

HALLEZ-CLAPARÈDE Léonce

 Paris, librairie BACHELIN-DEFLORENNE, 3 quai Malaquais
 édition originale
  1869
 1 vol : tome 1 (XXVIII-395 pages), tome2 (VIII: 1ère partie-287 pages/ 2ème partie: 131 pages)
 In-octavo
 demi-maroquin bordeaux, dos à nerf avec titre et date dorés, reliure signé WEBER


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Après avoir étudié à l’Institut polymathique, Henri GOURDON de GENOUILLAC entame une carrière d’employé dans les assurances qu’il abandonne pour se consacrer à sa véritable vocation : l’écriture. Il débute en produisant des mélodrames, des vaudevilles, des nouvelles, des romans et des feuilletons.

Passionné d’histoire et spécialisé dans l’héraldique, il publie en 1853 une Grammaire héraldique qui connaîtra plusieurs éditions. Il devient une autorité dans le domaine et, membre de plusieurs académies et institutions savantes en France et en Europe, il multiplie les ouvrages sur le même sujet : Recueil d’armoiries des maisons nobles de France, L’art héraldique, Dictionnaire des fiefs, seigneuries, châtellenies de l’ancienne France, etc. En 1869, il publie son Dictionnaire des anoblissements ; il s’agit de l’ouvrage ici présenté. Ce livre n’est pas totalement une création originale, car l’auteur reprend et complète un ouvrage plus ancien, le Dictionnaire des ennoblissements de François GODET de SOUDÉ, rédigé sous le règne de Louis XIV et publié en 1788, soit longtemps après la mort de son rédacteur.

Le choix de la tranche chronologique, 1270-1790, s’explique aisément car les plus anciennes lettres d’anoblissement connues datant de 1270 ou 1271 sont contemporaines du règne de PHILIPPE III le Hardi, qui conférait alors cette dignité à son argentier et à son barbier (chirurgien). Le pouvoir royal était alors suffisamment puissant pour monopoliser cette procédure et interdire aux féodaux d’anoblir leurs vassaux ou d’ériger des fiefs en titre. Ce monopole était censé éviter les abus, les nobles bénéficiant de l’exemption de la plupart des impôts par l’octroi d’un privilège attaché à leur titre. L’exercice de certaines charges conférait ipso facto un titre de noblesse qui dans un premier temps n’était pas héréditaire. Peu à peu la monarchie, en mal de trésorerie, a commencé à vendre des charges et des offices en pleine propriété, et donc transmissibles, créant une inflation de ce qui s’appellera plus tard la noblesse de robe. Il existait aussi une autre voie pour acquérir un titre : l’anoblissement sous la forme d’une lettre patente par décision royale, par simple faveur ou pour récompenser un mérite. Après la nuit du 4 août 1789 décidant de l’abolition des privilèges et mettant fin à la vénalité des offices, la noblesse n’était plus censée exister en tant que classe sociale ; c’est cet évènement qui détermine la limite chronologique de 1790 choisie par Gourdon.

À partir de 1339, sous le règne de PHILIPPE VI de Valois, les lettres d’anoblissement devaient être validées par une Chambre des comptes avant d’être enregistrées au Parlement et à la Cour des aides. La documentation recueillie auprès de ces organismes a servi de base au travail à GOURDON de GENOUILLAC pour lui permettre de trouver l’origine des anoblissements et de les dater. Dans les articles, les lettres patentes portant noblesse sont signalées par L.p.p.anob., celles enregistrées au Parlement de Paris par la lettre P, le registre de la Cour des aides par C.A, et celui de la Chambre des comptes par Fol. Pour mémoire, signalons que la particule et les armoiries ne sont pas l’apanage de la noblesse et ne constituent pas des preuves irréfutables.

Les nombreuses usurpations avaient pour effet de grever les rentrées fiscales du pays, situation qui conduisit le pouvoir royal à opérer à partir de 1666 une vaste enquête, ou réformation, par le biais des intendants, pour débusquer les imposteurs. Devant la difficulté pour certains de présenter les documents adéquats, les magistrats avaient néanmoins toute latitude pour prendre en compte des preuves et des témoignages indirects aboutissant à une décision de maintenue de noblesse, terme que l’on retrouve fréquemment dans ce livre. La plupart des documents cités sont des lettres patentes de noblesse, certaines démontrant que la transmission du titre pouvait se faire par les femmes, mais restant pour autant soumise à la décision des représentants du roi.

Ce dictionnaire se présente sous la forme d’un annuaire alphabétique. GOURDON de GENOUILLAC n’y retrace pas la biographie des personnages, l’histoire des dynasties et des familles, mais se contente d’indiquer le type, la date et la source du document attestant de la noblesse du sujet.

Pour se faire une idée du contenu, voici quelques exemples d’articles : « DE LA PLANCHE : L.p.p. anob. de Pierre DE LA PLANCHE, fils naturel de René DE LA PLANCHE pour services. 1644 ; HARDY : L.p.p. confirmation de noblesse à Christophe, Thomas et Armand HARDY-Saint-Germain, février 1677, P. 15 juillet 1678 ; PRÉLAQUEL : L.p.p. anob. de Bertrand de PRÉLAQUEL, de Novion, conseiller du roi-1387. Fol. 10. »

Il ne s’agit donc pas d’un dictionnaire grand public ou érudit, mais plutôt d’un outil destiné aux historiens, aux généalogistes et aux héraldistes. Dans ce livre, GOURDON de GENOUILLAC ne fait pas état des anoblissements qui ont repris de plus belle sous NAPOLÉON, la Restauration et le Second Empire. Louis PARIS prolonge le travail de son collègue en rédigeant la partie XIXe siècle du Dictionnaire des anoblissements qui se termine en 1868. En 1875, un Dictionnaire des anoblis, 1270-1868 verra le jour. Il réunit l’ancien dictionnaire de GODET de SOUDÉ et de GOURDON de GENOUILLAC, la partie rédigée par Louis PARIS, ainsi qu’un autre livre intitulé le Dictionnaire des familles qui ont fait modifier leurs noms,1803-1870, d’un certain BUFFIN, secrétaire de mairie à Beaujeu. La version présentée ici regroupe les trois livres réunis en deux volumes.

GOURDON de GENOUILLAC continuera jusqu’à sa mort à publier des ouvrages d’histoire et d’héraldique, tout en participant à de nombreuses revues. Notons qu’il participera à la rédaction du Grand dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre LAROUSSE, dans laquelle très logiquement il traite de tout ce qui concerne les blasons, les usages nobiliaires, la cour, etc.

Le dictionnaire des anoblissements est précédé d’un long essai anthropologico-historique sur le nom de famille, dû à la plume du comte HALLEZ-CLAPARÈDE. Notre dictionnaire porte un ex-libris de la bibliothèque du comte Paul-Henri LANJUINAIS.



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