Botanique, Chirurgie, Médecine, Pharmacie, Pharmacologie

Dictionnaire botanique et pharmaceutique

contenant les principales propriétés des minéraux, des végétaux, et des animaux d'usage, avec les préparations de pharmacie, internes et externes, les plus usitées en médecine, et en chirurgie. Le tout tiré des meilleurs auteurs, surtout des modernes. Ouvrage utile aux jeunes pharmaciens et Chirurgiens, aux hôpitaux, aux communautés, et aux personnes charitables qui pansent les pauvres

Auteur(s) : ALEXANDRE Nicolas

 à Paris, du fonds de la veuve LECOMTE, chez la veuve DIDOT, à la Bible d'or, NYON, à l'Occasion, la veuve DAMONNEVILLE, à Saint Etienne, Savoye, rue saint Jacques, à l'Espérance, DURAND, rue du foin
 réédition. L'édition originale date de 1716
  1768
 1 vol (VIII-627 p.)
 In-douze
 veau marbré, dos à cinq nerfs avec caissons décorés de fleurons dorés


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Né à Paris de “parents distingués dans le monde”, Nicolas ALEXANDRE devient membre de la congrégation de Saint-Maur. En plus de l’étude, pour laquelle il a toujours montré des dispositions, il consacre son temps à la culture et l’étude des simples. Il expérimente ainsi la fabrication de remèdes pour soulager les maux et les souffrances de ses confrères. Mettant à profit ses lectures et son expérience il rédige un ouvrage qui rencontre un beau succès :  La médecine et la chirurgie des pauvres. Sorti en 1714, ce livre a pour but déclaré était de venir en aide aux pauvres de la campagne. Il propose une série de recettes et de conseils pour aider les indigents et les gens modestes à soigner les maladies et à soulager les infirmités grâce à des remèdes peu coûteux et faciles à préparer, le tout à l’aide d’ingrédients faciles à dénicher dans la nature et de techniques simples.

En complément de ce premier livre, il élabore une synthèse sous forme de dictionnaire des différents ingrédients d’origine botanique, minérale et animale. Il s’appuie sur son savoir propre mais étaye sa démonstration en citant des auteurs de référence anciens et modernes. Publié pour la première fois en 1716, le Dictionnaire botanique et pharmaceutique constitue avant tout un dictionnaire de pharmacie bien plus que de botanique. Les plantes y sont sommairement décrites, contrairement à leur usage pharmaceutique qui est très largement détaillé. Les végétaux ne sont traités que dans une partie des articles, alors que ceux qui concernent les animaux (abeilles, mouches cantharides, rats, castors, paons, etc.), les roches, les argiles, les épices et les types de remèdes (emplâtres, décoctions, etc.) sont au moins aussi nombreux.

À noter que l’homme lui-même est source d’ingrédients. Les cheveux, le lait, le sang, la graisse, les os, et même l’urine et les selles peuvent être utilisés dans des préparations, souvent fort peu ragoûtantes à lire (voir le chapitre Homme, pages 214 à 220).

Les remèdes témoignent de la médecine du temps encore teintée de considérations quasi alchimiques, de superstitions et de croyances populaires, et d’héritages de l’Antiquité. Par exemple, l’usage du vif-argent, pourtant très toxique, est recommandé pour éloigner la peste, tandis qu’un article donne la recette du polytric, talisman que l’on pend au cou des enfants pour leur enlever le chancre. La momie constitue également un ingrédient, et ALEXANDRE précise qu’il faut la choisir «nette, belle et noire, d’une odeur assez forte & qui n’est point désagréable». Les remèdes se veulent accessibles et aisés à confectionner, une fois les ingrédients réunis.

Pour réaliser un collyre destiné à soigner les plaies des yeux, dom Alexandre donne la recette suivante : « Prenez des limaçons gris de vigne, mettez-les à sécher dans un pot de terre neuve, dessus un four, ou dedans, après que le pain en aura été tiré, mettez-les en poudre, dont vous soufflerez souvent dans l’œil infecté. » Un article détaille également les poids utilisés en France. L’unité ne s’étant pas encore réalisée dans ce domaine, les proportions indiquées dans l’ouvrage se calquent sur la livre marchande de seize onces.

Pour les remèdes plus élaborés, nécessitant un savoir-faire particulier, des drogues rares et coûteuses, ou un matériel très spécialisé, l’auteur renvoie ses lecteurs aux officines des apothicaires et à des ouvrages plus savants et plus pointus. Son approche est avant tout celle de remèdes naturels à la portée du plus grand nombre, et il n’entend pas faire de l’ombre à la médecine et à la pharmacologie, sciences qui ne sont pas à la portée du plus grand nombre et nécessite un long et rigoureux apprentissage.

A sa publication, ce dictionnaire pharmaceutique est plébiscité par un large public aussi bien dans les campagnes que dans le monde des étudiants qui l’utilisent associé au précédent comme une petite encyclopédie portative de médecine pratique et de pharmacologie. Il est réimprimé à plusieurs reprise, dont cette version datée de 1768, et malgré la “concurrence” d’autres livres, comme ceux de Moyse CHARAS et surtout ceux de LEMERY, il continue à être apprécié et utilisé.

Des tables alphabétiques des ingrédients et des maladies, bien utiles, sont présentes en fin d’ouvrage.



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