Horlogerie

Vocabulaire de poche pour l’horloger

contenant les termes techniques pour l'horlogerie, et les expressions indispensables des sciences auxiliaires, du commerce et des ateliers. Tome français-allemand-anglais

Auteur(s) : GROSSMANN Karl Moritz

 Bautzen en saxe, librairie de Édouard RÜHL
 réédition (la première date de 1880)
  1891
 1 vol (59-62-56 p.)
 In-douze
 percaline havane ornée sur le premier plat de chaînettes en noir, dos muet, tranches marbrées, gardes illustrées


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Les premiers instruments de mesure du temps ont été conçus dans l’Antiquité, sous la forme de cadrans solaires, de sabliers, de clepsydres et d’horloges hydrauliques. Il faudra attendre la fin du XIIIe siècle pour voir apparaître en Europe les premiers systèmes totalement mécaniques, avec les horloges à poids, dotées de rouages et de régulateurs, mais sans cadrans. Au siècle suivant, tours, beffrois et clochers s’équipent d’horloges dotées de cadrans qui sonnent les heures. Le modèle le plus célèbre d’entre elles sera le fameux astrarium, composé d’une horloge astronomique et d’un planétarium. Au cours des siècles suivants, la technique horlogère ne cesse de se perfectionner avec, en 1410, l’invention du ressort moteur qui ouvre la voie à la miniaturisation et à l’invention de la montre mécanique.

En 1673, Christian HUYGENS imagine un mode de fonctionnement par pendule, qui apporte une précision nouvelle à la mesure du temps. Quelques années plus tard, le même savant élabore le spiral plat, destiné à contrôler les oscillations du balancier d’une montre. Aux XVIIIe et XIXe siècles, l’horlogerie connaît des progrès fulgurants, grâce à des inventeurs comme le Suisse Abraham BREGUET, le Français BEAUFFRÉ, les Britanniques Thomas MUDGE et Thomas EARNSHAW. Considérée comme une industrie de pointe à l’époque, l’horlogerie occupe une place de choix dans les planches de l’Encyclopédie et de l’ Encyclopédie méthodique.

Sa production va se concentrer dans une zone allant du Jura français au cantons helvétiques de Bâle et de Schaffhouse, autour de grands centres comme Genève, La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel. À partir de 1845, l’Allemagne, jusque-là restée en retrait, voit son activité horlogère se développer à une échelle industrielle, sous l’impulsion de Ferdinand LANGE. En quelques décennies, la ville de Glashütte en Saxe devient un très important centre de production.

Né à Dresde en 1826, Karl Moritz GROSSMANN découvre l’horlogerie en entamant son apprentissage à 16 ans. Après un passage dans l’armée et un séjour en Suisse, il est de retour en Saxe où il fonde sa fabrique de montres en 1854 à Glashütte. Parallèlement à son activité industrielle, il rédige des traités, dont certains seront traduits et récompensés. En 1878, il est le fondateur et le directeur d’une école dhorlogerie qui deviendra très réputée. Comblé d’honneurs, il occupe également des fonctions politiques, avant de décéder en 1886.

GROSSMANN est également l’auteur d’un Taschenworterbuch für Uhrmacher, publié à Bautzen en 1880. Ce lexique trilingue, allemand-français-anglais, destiné aux horlogers, est décliné en une version anglaise, Horological Pocket Dictionary, et une version française, Vocabulaire de poche pour l’horloger, qui sortiront en 1891.

La version française, celle présentée ici, est composée de trois lexiques : français-allemand-anglais ; allemand-anglais-français ; anglais-allemand-français. Le livre ne comporte aucune définition, se contentant de donner les équivalents dans les trois langues dominantes de l’horlogerie européenne. Nous y retrouvons tous les termes techniques de la profession, comme Arbre à barillet, qui se dit Federsift en allemand, et Barrel Arbor en anglais ; Roue de trotteuse, qui se traduit par Sekundenrad et Fourth-Wheel ; Montre savonnette, qui devient Jagduhr et Hunting Watch ; ou encore Noyure, qui donne Versenkung et Countersink.

Souhaitant que son ouvrage serve d’outil de travail, GROSSMANN, qui ne se contente pas du vocabulaire propre à l’horlogerie, intègre selon ses termes “les expressions indispensables des sciences auxiliaires, du commerce et des ateliers”. C’est ainsi, qu’en plus de vocabulaire général (Grand, Carré, Main, Liquide, Matière première, etc.), nous retrouvons de nombreux termes relatifs au travail du métal (Bronze d’aluminium, Laminoir, Foret à langue de carpe, etc.), mais aussi du vocabulaire en lien avec l’astronomie (Jour sidéral, Téléscope), la chimie (Acide hydro-chlorique, Ether sulfurique) et la minéralogie (Pierre ponce, Rubis, Soufre, etc.). Ce petit livre est fait pour permettre aux horlogers de différents pays de communiquer entre eux sans se tromper dans les termes, tout en évitant les contresens et les faux amis. À noter l’absence, dans le vocabulaire, de la montre-bracelet, dont le premier brevet n’a été déposé à Berne qu’en 1889. Ce lexique va connaître une seconde jeunesse grâce à Michael LOESKE qui, reprenant le travail de GROSSMANN, le complète et l’actualise dans une seconde édition publiée en 1903.

L’horlogerie mécanique “traditionnelle”, celle qui fait l’objet du livre, occupera le devant de la scène pendant près de cinq siècles, jusqu’à l’invention de la montre électronique.

Sur la page de titre de notre exemplaire figure, imprimée à l’encre violette, la mention suivante : Almanach des horlogers, rue de la prairie, 21. Genève.



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