Bibliographie, Critique littéraire, Littérature française, Histoire de la littérature

Petite bibliographie biographico-romancière, ou Dictionnaire des romanciers

tant anciens que modernes, tant nationaux qu'étrangers : avec un mot sur chacun d'eux, et la notice des romans qu'ils ont donnés, soit comme auteurs, soit comme traducteurs ; précédé d'un Catalogue des meilleurs romans publiés depuis plusieurs années, et suivis de tableaux propres à en faire connaître les différents genres, et à diriger dans le choix des ouvrages qui doivent faire la base d'un cabinet de lecture

Auteur(s) : PIGOREAU Alexandre-Nicolas

 Paris, PIGOREAU, libraire, place Saint-Germain-l'auxerrois
 édition originale
  1821
 1 vol (354 p.)
 In-octavo
 cartonnage rigide marbré bleu et noir


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Alexandre-Nicolas PIGOREAU est professeur de grec et de latin au collège d’Harcourt et au séminaire des Trente-Trois à Paris. Mais, en 1792, il est conduit par prudence à quitter l’habit ecclésiastique pour s’établir comme libraire. Spécialisé dans des romans, dont la production s’étalera sur près de quarante ans, il s’attaque à des ouvrages plus ambitieux, tel son Jardin de l’enfance, de la jeunesse et de tous les âges, ou Complimens du jour de l’an et des fêtes pour des parens, des bienfaiteurs, des amis, etc. Cet ouvrage, publié en 1808 et consacré à l’éducation de la jeunesse, rencontre le succès au point de faire l’objet de dix rééditions.

En 1819, un autre libraire avec lequel il est associé, A. MARC, publie un Dictionnaire des romans anciens et modernes, destiné à guider les abonnés des cabinets de lecture. Ancêtres des bibliothèques publiques contemporaines, ces établissements mettent à disposition des lecteurs, contre une modeste rétribution, des journaux, des revues et des livres. Ces cabinets de lecture, spécialisés ou généralistes, de tailles variables, offrent aux lecteurs la possibilité d’emprunter des ouvrages. Leur public s’est progressivement élargi grâce au développement urbain et aux progrès de l’instruction. Vulgarisant l’accès à la presse et à la littérature, ces institutions contribuent de manière non négligeable à la formation littéraire, politique et scientifique d’une partie importante de la population. Fondés au XVIIIe siècle, les cabinets de lecture se multiplieront sous la Restauration, notamment à Paris qui en comptera 23 en 1815, 71 en 1823 et 118 en 1829.

Rédigé par A. MARC, lui-même responsable d’un cabinet de lecture, le Dictionnaire des romans anciens et modernes se présente comme un long catalogue sans commentaire dont le caractère fastidieux ne correspond pas à l’attente du public. Une fois seul aux commandes de la librairie, PIGOREAU décide à son tour de se lancer dans la rédaction de son propre dictionnaire, lequel paraît en 1821 sous le titre de Petite bibliographie biographico-romancière, ou Dictionnaire des romanciers ; il s’agit de l’ouvrage ici présenté.

Ce livre se compose de deux parties ; la première est un catalogue des 1 505 romans disponibles dans son magasin, avec indication du prix de vente ; plus intéressante, la seconde se compose d’un dictionnaire des romanciers. Chaque écrivain y fait l’objet d’une notice suivie de l’énumération des romans qu’il a publiés. PIGOREAU livre des indications sur le style et le genre du roman, des détails biographiques sur l’auteur, et surtout des appréciations critiques émaillées de citations sur l’ouvrage. Ce dictionnaire constitue un véritable petit traité de l’histoire de la littérature européenne ; les auteurs anglais, allemands, espagnols et italiens y sont largement représentés, même si l’auteur s’est clairement cantonné au roman, son domaine d’expertise.

En fin d’ouvrage, des tableaux synthétiques présentent des listes commentées, accompagnés de renvois aux notices du dictionnaire. Outre les nouveautés publiées au cours des quatre années précédentes, PIGOREAU dresse des sélections thématiques comme, par exemple, les romans adaptés à la jeunesse, les romans épistolaires, les « romans les plus propres à entrer dans la composition d’un cabinet littéraire », ou ceux « qu’il ne faut point laisser sous les yeux », c’est-à-dire « qui ne peuvent convenir qu’à l’âge mûr ». Il établit même une liste de “romans noirs” se rattachant au romantisme noir et aux contes gothiques. Enfin, ne perdant pas le sens de ses intérêts, il prend soin de ne lister que les ouvrages dont il est seul éditeur et diffuseur.

Ce dictionnaire, malgré son caractère hétéroclite, est un succès, et sera complété en dix ans par plusieurs suppléments. En 1835, PIGOREAU cède son fonds et se consacre à la rédaction d’un dictionnaire étymologique de la langue grecque. Terminé aux trois quarts, le manuscrit restera inachevé à sa mort en 1851.

Selon plusieurs auteurs, Walter SCOTT se serait inspiré du Dictionnaire des romanciers pour rédiger sa Biographie littéraire des romanciers célèbres.



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