Latin (langue)

Novitius seu dictionarium latino-gallicum, schreveliana methodo digestum

ou Dictionnaire latin-françois suivant la méthode de SCHREVELIUS, qui renferme : les mots des auteurs latins, sacrés et profanes, avec les étymologies, les mots synonymes & leurs opposés ; les termes d'histoire, de géographie, de droit, de médecine, de botanique, de mathématique, & des autres arts, &c. ; les inflexions des mots qui sont dans les auteurs latins, pour donner en peu de temps à toutes sortes de personnes l'intelligence de la langue latine

Auteur(s) : MAGNIEZ de WOIMONT Louis-François-Nicolas

 à Paris chez Charles HUGIER, imprimeur-libraire, rue saint Jacques, à l'enseigne de la Sagesse (Lutetiae parisiorum, apud Carolum HUGIER, typographum-bibliopolata, via jacobaea, ad insigne sapientiae
 édition originale
  1721
 2 vol : tome 1. A-H ( pages 1 à 656), tome 2. I-Z (page 657 à 1402), pagination en continu entre les deux volumes
 In-quarto
 demi-veau à coins, dos à nerfs orné, reliure contemporaine imitant le style du XVIIIe siècle, tranches rouges
 bandeaux décoratifs, lettrines ornées, culs-de-lampe


Plus d'informations sur cet ouvrage :

De l’auteur, MAGNIEZ de WOIMONT, nous savons simplement qu’il était ecclésiastique, d’où le titre d’abbé parfois accolé à son nom, et qu’il est décédé en 1749. Son prénom exact est lui-même sujet à caution. S’il signe Louis-François sur le page de titre de son second ouvrage, beaucoup de biographes le prénomment Nicolas, et l’ambiguïté demeure sur le fait de savoir s’il s’agit d’une seule et même personne.

En composant le NOVITIUS ; le but déclaré de l’auteur est double. En premier lieu il entend corriger les nombreuses erreurs d’interprétation et les contresens présents dans les anciens dictionnaires latin-français, comme celui de Robert ESTIENNE. Dans ce but il privilégie, comme source première et référence principale, les auteurs latins classiques. En second lieu il se propose de compléter ce corpus “classique”. Il y intègre le vocabulaire spécifique et les significations nouvelles contenues dans la littérature chrétienne : « On y a ajouté tous les mots de sainte Bible, du Bréviaire, des écrivains ecclésiastiques. »

Dans le même ordre d’idées, il diversifie et “actualise” considérablement le champ lexical qui s’élargit de près de 10 000 mots par rapport à celui des anciens dictionnaires : « Les noms de villes, de provinces, de petits lieux ; les termes de philosophie, de mathématique, de théologie, de droit, de médecine de botanique ; ce qui regarde l’histoire et la fable ; les noms des grands hommes, des dieux, des déesses, & des héros de l’Antiquité ; les noms des conciles, des hérésies & des hérésiarques ; les noms des évêchés, des abbayes, des prieurés, des monastères, &c. » Une croix indique les termes “qui ne sont pas d’une pure latinité”, c’est-à-dire essentiellement ceux qui ont été échafaudés après l’Antiquité.

Utilisé habilement pour faire partie intégrante du titre, le terme même de novitius (en latin : apprenti, novice) laisse bien entendre que le dictionnaire de MAGNIEZ est avant tout destiné à un large public. L’auteur le recommande « à toutes sortes de personnes, aux personnes avancées, aux enfans, aux dames même, et surtout aux personnes religieuses ». Dans les articles, des observations sur la grammaire, les déclinaisons et la conjugaison ont pour but de venir en aide aux débutants afin de faciliter la traduction d’un texte latin en français. Cette approche “pédagogique” est inspirée de celle professée par le médecin philologue Cornelis SCHREVELIUS (ou SCHREVEL), recteur du collège de Leyde au milieu du XVIIe siècle et auteur d’un dictionnaire de référence : le Lexicon manuale græco-latinum.

Le Novitius connaît un succès immédiat et fait l’objet de plusieurs rééditions successives, en 1733, 1740 et 1750, bien qu’il s’agisse de versions identiques dont seule la date sur la page de titre a été modifiée. Dès 1722, MAGNIEZ propose un outil complémentaire à son dictionnaire clairement destiné aux débutants : le Postulant [autre traduction possible de Novitius] ou Introduction et essai de méthode pour commencer l’étude de la langue latine.

En fin de tome 2, l’ouvrage est complété par une liste alphabétique des auteurs latins cités, un texte en latin d’Adrien CARDINAL, intitulé De sermone latino, des additions et des corrections.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

EffacerSoumettre