Description de la France, Topographie, Toponymie

Notitia Galliarum

"ordine litterarum digesta. In qua situs, gentes, opida, portus, castella, vici, montes, silvae, maria, flumina, fontes, lacus, paludes, insulae maritimae & amnicae, paeninsulae, pagi provinciaeque Galliae illustrantur ; locorum antiquitates, varia eorum nomina, vetera ac nova, episcopatuum ac monasteriorum origines, aliaque ad historiam francicam pertinentia notantur ; geographi & historici graeci, romani ac nostri explicantur, & emendantur"

Auteur(s) : VALOIS Adrien de

 à Paris chez Frédéric LEONARD, imprimeur ordinaire du roi, du grand Dauphin, et du clergé de France, rue saint Jacques (Parisiis, apud Fredericum LEONARD, typographum regis, serenissimi delphini et cleri gallicani, in vico jacobeo)
 édition originale
  1675
 1 vol (XXVII-632 p.)
 In-folio
 veau
 gravures en noir et blanc, vignette sur la page de titre représentant le lion de saint MARC, en-tête de la dédicace à LOUIS XIV par Jean LANGLOIS d'après François CHAUVEAU, motifs décoratifs au début et en fin de chaque partie du dictionnaire


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Adrien de VALOIS (ou Hadrianus VALESIUS), historien réputé et frère d’Henri VALOIS, rédige en latin ce dictionnaire que l’on peut qualifier de topographique. Son titre, Notitia Galliarum, qui peut être sommairement traduit par “Registre de la Gaule”, fait référence au manuscrit Notitia provenciarum et civitatum Galliæ. Cité dans la préface, ce document, rédigé à la fin du IVe siècle ou au début du Ve siècle, recensait les provinces et les cités de la Gaule.

Le dictionnaire présente les principales villes, cours d’eau, montagnes et terroirs de la France. Pour élaborer et étayer sa présentation, l’auteur s’appuie sur des auteurs antiques (STRABON, CÉSAR, PTOLÉMÉE, etc.), mérovingiens (FRÉDÉGAIRE, GRÉGOIRE de TOURS, etc.) et médiévaux (vies de saints, SUGER).

Le travail de VALOIS se singularise par le souci de retracer l’évolution étymologique de la toponymie, autrement dénommée la “stratigraphie linguistique”. C’est ainsi qu’il exhume les racines celtes, latines, celto-latines voire germaniques, des localités et noms de lieux. Pour plus de clarté, les noms “français” sont accolés aux noms anciens dans le développement des articles (par exemple : Maceriolæ Mazeroles), et deux index (latin-gaulois et gaulois-latin) placés en fin d’ouvrage permettent de retrouver les lieux cités.

Rédigée par l’historiographe officiel du roi LOUIS XIV, cette œuvre résulte d’une arrière-pensée politique. Elle a pour objet de montrer la continuité de la monarchie française depuis la fin de l’Antiquité, mais aussi de fixer les limites géographiques du royaume de France censées être héritées de l’ancienne Gaule, permettant ainsi de légitimer les revendications territoriales du monarque.

De fait, LOUIS XIV utilisera l’histoire, en remontant parfois jusqu’aux Mérovingiens, pour justifier des annexions ou des reconnaissances de vassalité par la politique dite “des réunions”. Par sa démarche il renouait avec un projet ancien puisqu’on prêtait déjà cette maxime à RICHELIEU : « Mettre la France en tous lieux où fut l’ancienne Gaule. » Notons que les limites de la Gaule “historique” outrepassaient largement les limites du royaume de France en direction du Rhin, des Pays-Bas, de la Suisse et des Alpes.

Le contre-plat de l’ouvrage est orné d’un magnifique ex-libris de Victor de CESSOLE, célèbre alpiniste et bibliophile français du XXe siècle.



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