Histoire, Géographie

Grand dictionnaire géographique, historique et critique

Auteur(s) : BRUZEN de LA MARTINIERE Antoine-Augustin

 à Paris, chez les libraires associés (regroupement de 13 libraires parisiens dont les noms figurent en regard de la page de titre)
 nouvelle édition, corrigée & amplement augmentée (la première date de 1726)
  1768
 6 vol : Tome 1. A-B (XII-572-226-188 p.), Tome 2. C-F (1004 p.), Tome 3. G-L (954 p.), Tome 4. M-P (1146 p.), Tome 5. Q-S (748 p.), Tome 6. T-Z (1121-400 p.)
 In-folio
 plein veau
 Bandeaux décoratifs, gravure représentant Atlas à la fin de la préface, lettres ornées, culs-de-lampe


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Antoine-Augustin BRUZEN de LA MARTINIÈRE est spécialisé dans les études historiques et la géographie. Hôte de la cour de Frédéric-Guillaume de MECKLEMBOURG-SCHWERIN, il passe ensuite au service de François FARNÈSE, duc de Parme. Installé à La Haye à partir de 1719, il y bénéficie du mécénat du roi d’Espagne, qui le nomme, comme l’indique la page de titre, « géographe de Sa Majesté catholique PHILIPPE V, roi des Espagnes et des Indes ».

Ce privilège lui assure l’accès aux archives des sociétés savantes espagnoles. Les subsides qu’il perçoit, ajoutés à ceux du roi des Deux-Siciles, lui permettent de poursuivre ses travaux à temps complet et de mener à bien ce Grand dictionnaire géographique, historique et critique, qui voit le jour en Hollande en 1726.

Pour la nouvelle édition de 1768, ici présentée, les Libraires associés annoncent en préambule qu’« il ne s’agissoit plus d’une réédition, mais d’une refonte totale ». Cette réédition entend “réactualiser” le dictionnaire en y intégrant les progrès et les découvertes réalisés entre-temps : perfectionnement de l’astronomie et des instruments de mesure, voyages de savants et d’explorateurs, multiplication de récits décrivant des parties du monde auparavant peu connues, expéditions scientifiques organisées par les États européens, etc.

Cette tâche est effectuée à partir de 1750 par « une société d’habiles gens en état d’entreprendre & d’exécuter pareil travail ». Les membres de cette équipe, dont on ne connaît que deux noms, COURTÉPÉE et HEUFF de Liège, divisent l’ouvrage et se partagent la rédaction. Une des avancées majeures, le calcul du méridien, est clairement expliquée : « Le roi avoit fait tirer au cordeau, d’une extrémité de la France à l’autre, une nouvelle méridienne. Cette ligne avoit été suivie de la mesure trigonométrique de tout le royaume. » De même « d’habiles mathématiciens avoient été au nord et à l’équateur pour déterminer la parallaxe de la lune & la figure de terre », référence aux voyages de LA CONDAMINE au Pérou et à l’expédition de MAUPERTUIS en Laponie.

Dès l’origine, ce dictionnaire géographique ne contient pas de cartes mais seulement des tableaux synthétiques permettant de présenter les régions, provinces et villes principales des différents pays. En raison de cette lacune, les libraires de l’époque orienteront le lecteur féru de cartes vers l’Atlas universel de VAUGONDY. Dans sa préface, BRUZEN de LA MARTINIÈRE détaille la genèse de son ouvrage et ses méthodes. Avec franchise, il reconnaît que ce dictionnaire est avant tout une synthèse personnelle de nombreuses sources qu’il a comparées, étudiées et corrigées.

Certains auteurs le définissent d’ailleurs plus comme un compilateur que comme un savant, ce qui est sévère vu la masse de lectures et de recherches effectuées. Il rend hommage aux géographes et/ou cartographes Abraham ORTELIUS, le père FERRARI, Alphonse LASOR de VAREA, ou encore BAUDRAND et Thomas CORNEILLE (ces deux derniers sont présents sur Dicopathe). En plus de la géographie physique et descriptive, l’auteur subdivise ses articles en trois catégories en liaison avec l’histoire : ceux qui concernent la géographie sacrée et ecclésiastique, ceux qui se rattachent à la géographie “civile” et politique (époques antique, médiévale et moderne), et enfin ceux qui relèvent de la littérature, de la poétique et de mythes comme ceux de l’Atlantide, de Thulé ou des Lestrygons.

À titre d’anecdote, on peut relever les longues descriptions détaillées de la qualité des eaux des sources et fontaines curatives comme, par exemple, celles de Balaruc, de Basnières, d’Aix-la-Chapelle et de Passy. On y trouve aussi de nombreux tableaux synthétiques sur les provinces chinoises avec l’indication de la latitude et de la longitude des principales localités, les distances étant indiquées en lis. À la fin du tome 6, quarante tables politiques de la Suisse par C.E. FABER, pasteur à Bischwiller. Petit ex-libris : « Se vend à Caen chez J. MANOURY fils aîné, libraire, à la Source des sciences ».



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