science politique, droit, Administration, Histoire

Dictionnaire universel des sciences morale, économique, politique et diplomatique

ou Bibliothèque de l'homme d'état et du citoyen

Auteur(s) : ROBINET Jean-Baptiste rené, CASTILHON Jean-Louis, POMMEREUL François René Jean, SACY Claude-Louis-Michel de

 à Londres, chez les Libraires associés
 édition originale
  1777-1783
 30 vol
 In-quarto
 cuir fauve, dos à cinq nerfs, caissons décorés de fleurons dorés, pièce de titre en maroquin rouge, tomaison en maroquin vert
 planches dépliantes, bandeaux décoratifs, culs-de-lampe


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Écrivain, traducteur et journaliste, Jean-Baptiste ROBINET se fait connaître en 1762 par son esprit philosophique et son essai De la nature. Dans cet ouvrage, philosophique et scientifique, il défend des thèses, sur la génération uniforme des êtres et la transformation ininterrompue des organismes vivants, qui en font un précurseur de la théorie de l’évolution. Par la suite il s’associe avec d’autres libraires, plus particulièrement PANCKOUCKE et REY, pour publier le Supplément à l’Encyclopédie de DIDEROT et D’ALEMBERT, projeté depuis 1768.

De sa résidence de Bouillon, duché semi-autonome situé sur le territoire de l’actuelle Belgique, ROBINET réalise le travail éditorial et regroupe les contributions. Selon l’accord conclu, il doit « mettre en ordre la copie », « faire les avertissements, préfaces et prospectus », et « traiter avec les auteurs ». Il n’est qu’un des actionnaires de l’entreprise, mais la paternité des ouvrages lui est le plus souvent attribuée. Après cinq ans de gestation, les quatre volumes de textes et le volume de planches du supplément de l’Encyclopédie sortent entre 1776 et 1777. La signature de ROBINET n’y apparaît pas, et pourtant il a contribué au contenu de près de 1 000 articles, dont 66 traduits de la Théorie générale des beaux-arts, de SULZER.

À peine le Supplément édité, et avant même que la table analytique soit publiée, PANCKOUCKE commence à mettre en place son projet d’Encyclopédie méthodique qu’il veut plus complète, organisée par thèmes et scientifiquement plus aboutie que celle de DIDEROT et D’ALEMBERT. De son côté, ROBINET entend se placer dans la même continuité et proposer un complément à l’Encyclopédie en développant de manière plus approfondie les sujets et les matières qui y étaient déjà abordés.

Certains auteurs, comme CARRA, avancent que ROBINET, dont la situation financière est très instable, est avant tout motivé par l’argent et cherche à “surfer” sur le succès de l’Encyclopédie. Pour autant, son œuvre ne sera ni une contrefaçon ni un travail bâclé. Pour la rédiger il s’entoure d’une équipe composée d’anciens collaborateurs du Supplément : Jean-Louis CASTILHON, Claude-Louis-Michel de SACY et François René de POMMEREUL. La Gazette de Liège annonce, en juillet 1777, la sortie prochaine du Dictionnaire universel des sciences morale, économique, politique et diplomatique. On peut alors constater que ROBINET est associé dans cette entreprise à PANCKOUCKE, à PLOMTEUX, éditeur-imprimeur de Liège qui participera ensuite à l’aventure de l’Encyclopédie méthodique, et à ROSSET. À l’origine l’ouvrage n’est pas signé, mais à partir du tome V, après que plusieurs associés eurent quitté l’affaire, la mention « rédigé et mis en forme par M. ROBINET » figurera sur la page de titre.

Bien qu’inspiré par le modèle encyclopédique, cette série de 30 volumes n’est consacrée qu’à un sujet précis : « Tout ce qui importe à l’homme d’État de savoir ». La matière traitée est vaste et inclut la science politique, le droit, l’art et l’histoire diplomatique et l’administration. L’esprit philosophique des Lumières guide l’ensemble de l’entreprise : « En France, depuis que la philosophie, sous l’impulsion de l’immortel MONTESQUIEU et de ses imitateurs, a porté ses discussions sur les loix, la police, le commerce, l’agriculture & les finances, l’administration a commencé de s’améliorer ; on s’est formé des idées plus justes de ces objets importants d’où dépendent si intimement la grandeur & le bonheur des États. »

D’après le prospectus, près de 6 000 livres français, anglais, allemands et italiens ont été consultés pour la rédaction. Ces sources livresques sont complétées par l’étude de « morceaux neufs » : mémoires, dissertations, discours, travaux de savants et de légistes. Fruit d’un considérable travail de compilation, le tout constitue une somme importante où se côtoient les biographies des hommes d’État, l’histoire des négociations diplomatiques et des traités, le droit au sens large y compris le droit naturel et le droit ecclésiastique, l’histoire des Empires ainsi que les tableaux politiques et administratifs des principaux États.

Le lieu d’impression fait encore débat. Londres semblant improbable, on ne peut l’attribuer avec certitude ni à Neuchâtel, ni à Paris (le lieu de vente officiel), ni à Liège. L’ouvrage débute par un long “Discours préliminaire” qui fait l’éloge de la philosophie, et une table des articles figure au début de chaque volume. Pour l’anecdote, on peut noter que ROBINET, en dépit de son livre De la nature et de son esprit philosophique, deviendra censeur royal en 1778.



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