Médecine, Chirurgie, anatomie, Pharmacologie, Botanique

Dictionnaire universel de médecine

de chirurgie, d'anatomie, de chymie, de pharmacie, de botanique, d'histoire naturelle, &c. Précédé d'un Discours historique sur l'origine & les progrès de la médecine

Auteur(s) : JAMES Robert, BUSSON Julien (éditeur scientifique)

 

DIDEROT Denis (traducteur), EIDOUS Marc-Antoine (traducteur), TOUSSAINT François-Vincent (traducteur)

 à Paris, rue Saint-Jacques, chez BRIASSON, à la Science & et à l'Ange gardien, DAVID l'aîné, à la Plume d'or, DURAND, à Saint-Landry & au Griffon
 revu, corrigé & augmenté ( première édition en français, l'édition originale en anglais date de 1743-1745))
  1746-1748
 6 vol (CXXXVI-9865 colonnes), deux colonnes par pages
 In-folio
 pleine basane marbrée d'époque, dos à nerfs orné avec pièce de titre et de tomaison, gardes marbrées
 bandeaux, lettrines ornées, culs-de-lampe, 66 planches dépliantes hors-texte (2 planches manquantes dans le tome 3)


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Le médecin anglais Robert JAMES est réputé en son temps pour avoir inventé une poudre diaphorétique qui allait porter son nom : “poudre de James” ou “Fever powder“. Entre 1743 et 1745 il publie un Medicinal Dictionary en trois volumes, rédigé avec l’aide de son ami Samuel JOHNSON. À sa sortie, ce dictionnaire de médecine sera considéré comme le meilleur dictionnaire pratique sur le sujet.

Sous l’impulsion d’Antoine-Claude BRIASSON, libraire influent spécialisé dans les ouvrages savants et scientifiques, le projet d’une traduction en français est mis en œuvre, et une équipe de traducteurs « connus pour la grande intelligence qu’ils ont de la langue angloise » est recrutée. Denis DIDEROT fait partie de l’entreprise à une époque où il n’est pas encore engagé dans l’aventure de l’Encyclopédie. Il s’est déjà fait connaître par son Essai sur le mérite et la vertu, traduit de SHAFTESBURY, Marc-Antoine EIDOUS et François-Vincent TOUSSAINT. Les traductions passent ensuite entre les mains de Julien BUSSON, « docteur-régent de la faculté de médecine de Paris ». Ce dernier corrige, retranche certaines longueurs érudites et complète considérablement le dictionnaire qui, du fait de ses ajouts, passe de trois à six volumes.

Ce dictionnaire se veut être une synthèse complète mais accessible au plus grand nombre. L’objectif premier de l’auteur est d’« entreprendre de réformer la médecine domestique ». Il ajoute plus loin : « Le dessein de répandre les connoissances nécessaires & de corriger la pratique a tenu le premier rang parmi les motifs qui ont engagé M. JAMES à entreprendre cet ouvrage. » La médication traditionnelle et familiale est clairement visée. Les “remèdes maison” sont accusés ici de causer plus de mal que de bien. Les pratiques des guérisseurs et des rebouteux sont également en ligne de mire : « Il [ce dictionnaire] est propre à dévoiler les impostures de la charlatanerie & à garantir le malade d’une infinité de fourbes dont ils deviennent les victimes. »

Une des particularités de ce dictionnaire est l’accent mis sur l’anatomie, le « fondement le plus solide » de la médecine, et sur la chirurgie, qui font l’objet de la plupart des planches. Pour les maladies et les pathologies, les symptômes sont décrits en détail, éventuellement illustrés de cas réels assortis des conclusions cliniques de la dissection, suivis du pronostic envisageable puis des traitements, cures et régimes recommandés. Les avis des auteurs anciens et modernes comme HIPPOCRATE ou VESALE sont souvent repris dans le commentaire. Les articles de botanique mettent l’accent sur les différentes appellations connues d’une même plante, afin d’éviter des erreurs et des confusions.

En début d’ouvrage une épître rend hommage au comte de MAUREPAS, ministre et secrétaire d’État de LOUIS XV. Suit une longue introduction retraçant les progrès de la médecine depuis l’Antiquité et faisant le bilan des découvertes récentes. Le texte de l’approbation de la faculté de médecine de Paris est inséré à la fin de la préface. Les entrées sont en langue latine, et une table des matières est placée en fin du sixième tome.

Pour conclure, on peut noter que l’équipe qui a travaillé sur ce dictionnaire participera, quelques années plus tard, à la rédaction et à l’édition de l’Encyclopédie. C’est le cas, bien sûr, de DIDEROT qui en deviendra le maître d’œuvre, mais également des libraires BRIASSON, DURAND et DAVID, et d’EIDOUS et de TOUSSAINT, rédacteurs d’articles dans les premiers volumes.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

EffacerSoumettre