Cheval, Equitation, Médecine vétérinaire

Dictionnaire raisonné d’hippiatrique, cavalerie, manège et maréchallerie

Auteur(s) : LAFOSSE Philippe-Étienne

 à Bruxelles [éditeur non renseigné]
 nouvelle édition revue & corrigée (la première date de 1775)
  1776
 2 vol
 In-octavo
 basane acajou, dos lisse orné de dorures


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Lui-même fils d’un expert en médecine équine, Philippe-Étienne LAFOSSE, né en 1738, hérite de la passion paternelle. Il devient palefrenier à l’âge de treize ans, puis suit une formation de maréchal-ferrant. Bénéficiant d’une bonne instruction, il étudie en parallèle l’histoire naturelle, l’anatomie, l’équitation, mais aussi les langues, le dessin et la géographie. Il accompagne son père lorsqu’il prodigue des soins aux chevaux et il participe même à des dissections. À dix-huit ans, il a déjà acquis un très bon niveau qui lui permet de donner des cours d’anatomie aux maréchaux de Paris. Nommé Médecin ordinaire des écuries du roi, puis Vétérinaire en chef aux voitures de la cour, il intègre ensuite le corps des carabiniers au cours de la guerre de Sept Ans et, enfin, la Légion royale, où sa mission consiste à détecter les chevaux malades dans les unités de cavalerie. À son retour, malgré son expertise et son expérience, il n’est pas admis comme professeur à l’École vétérinaire de Maisons-Alfort. Ce rejet lui cause une grande amertume et il en conçoit une animosité durable à l’encontre de BOURGELAT. Ce dernier, agacé par les attaques de son “confrère”, ne cessera pas, par la suite, de lui nuire, le contraignant à dispenser ses cours dans un amphithéâtre privé construit par ses soins.

En 1766, LAFOSSE publie un Guide du maréchal. Grâce à ses développements sur l’anatomie du cheval et ses descriptions détaillées des maux et maladies qui peuvent le frapper, l’ouvrage, qui rencontre d’emblée son public, fera date. En 1770, LAFOSSE arrête ses cours pour se consacrer quasi exclusivement à sa “grande œuvre”, qui sera publiée deux ans plus tard : Cours d’hippiatrique, ou Traité complet de la médecine des chevaux. Dans cet ouvrage, orné de belles planches, il ne manque pas de glisser des notes de bas de pages pour souligner les erreurs présentes dans les traités de BOURGELAT. Enfin, en 1775, il propose une synthèse de ses ouvrages dans un Dictionnaire raisonné d’hippiatrique, cavalerie, manège et maréchalerie, en quatre tomes regroupés en deux volumes, dans la version présentée ici.

Terme archaïque peu usité aujourd’hui, l’hippiatrie équivaut à une médecine vétérinaire consacrée aux équidés ; l’auteur parlant également à l’occasion de “science caballine”. Il s’attarde longuement sur l’anatomie et le diagnostic jugeant que beaucoup trop de vétérinaires ne sont pas suffisamment formés sur ces sujets. Il entend également, dans ce nouvel opus, donner plus d’importance à des thèmes qu’il a moins développés précédemment, tels les haras, la cavalerie militaire et l’art du manège. Au fil des pages, il multiplie les conseils pratiques fondés sur sa longue expérience et indique de nombreux remèdes traditionnels faciles à préparer. Notre auteur propose enfin à ses collègues et aux étudiants un outil complet destiné à pallier leurs lacunes : “Avec ces connaissances, on risque moins de s’égarer, et si l’on y joint les observations déjà faites, et celles qu’on peut faire soi-même, en possédera tout ce qu’il faut pour être véritablement hippiatre, et mériter un jour la confiance et l’estime du public, récompense flatteuse et bien digne de l’ambition d’un homme raisonnable : l’espoir de les mériter un jour soutient dans les travaux, soutient dans les disgrâces, émousse les traits de la jalousie, encourage à imaginer de nouveaux moyens de guérison, anime à faire des expériences et des tentatives toujours utiles, quels qu’en soient les succès, et dédommagent amplement l’artiste du sacrifice qu’il a fait de ses peines, de ses veilles, de ses sueurs, de sa fortune même.”

À partir de 1777, LAFOSSE s’expatrie en Russie pendant plusieurs années. En 1781, de retour au pays, il finit par obtenir le poste de Vétérinaire en chef, successivement aux voitures de la cour, dans le corps des carabiniers et dans celui de la gendarmerie. Bien qu’il ait fait carrière dans l’entourage du roi, il prend fait et cause pour la Révolution. En septembre 1791, il est nommé Inspecteur vétérinaire des remontes de la cavalerie, poste à responsabilité qui lui attire beaucoup d’inimitié et l’expose aux ambitions de ses collègues et de ses subordonnés. Victime d’une campagne de dénigrement et de calomnie, il est arrêté et passe onze mois en prison. Finalement condamné à mort, il se voit sauvé par la chute de ROBESPIERRE et, dès lors, se retire de la vie publique. Avant de décéder en juin 1820, il publiera encore une Nouvelle Théorie-Pratique d’équitation, ouvrage dans lequel il règlera une ultime fois ses comptes avec les écoles vétérinaires officielles.

Extraits

– Ramingue : Le cheval ramingue est celui qui se défend contre les éperons, qui y résiste, qui s’y attache & qui rue dans une place, qui recule ou se cabre au lieu d’obéir aux aides, & d’aller en avant. Lorsqu’un cheval résiste par poltronnerie, c’est un indice de carogne, & quoiqu’il fasse de grands & de furieux sauts, c’est plutôt malice que force.

– Rassis : Terme de maréchal quand, après avoir déferré un cheval, il lui perce le pied & lui remet le même fer qu’il vient de lui ôter.

– Germes de fève : C’est la marque noire que l’on aperçoit aux dents incisives, couleur que l’on distingue aisément dans les jeunes chevaux, & même dans les vieux, moins à la vérité ; mais qui, dans quelques-uns, sont si considérables que l’on les prend pour jeunes, ce que l’on appelle bégüe ; marque, dit-on, que les maquignons savent contrefaire & qui, cependant, ne se pratique guère.

– Énerver : Opération par laquelle on prétend rendre le bout du nez d’un cheval plus fin & plus agréable. Elle consiste à couper & enlever les tendons des muscles releveurs de la lèvre supérieure : on les met à découvert par une incision de la peau qui les recouvre, ensuite, les détachant avec la corne de chamois, on les coupe transversalement. Opération extravagante qui rend la lèvre supérieure en partie paralytique.

– Garantie des marchands : C’est un règlement qui les oblige à reprendre un cheval qu’ils ont vendu, au bout de neuf jours, pour certains défauts, tels que morve, pousse, &c.



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