Botanique, Sciences naturelles

Dictionnaire raisonné de botanique

contenant les termes techniques, anciens et modernes, considérés sous le rapport de la botanique, de l'agriculture, de la médecine, des arts, des eaux et forêts, etc.

Auteur(s) : GÉRARDIN Sébastien, DESVAUX Auguste Nicaise

 Paris, imprimerie de DONDEY-DUPRÉ, rue Saint-Louis, nº°46, au Marais
 nouvelle édition, publiée, revue et augmentée de plus de 3000 articles (première édition en 1817)
  1822
 1 vol. (XVI-746 p.)
 In-octavo
 demi-veau vert, dos lisse orné de fers à froid et de filets dorés
 portrait gravé de l'auteur en frontispice


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Fils de luthier, Sébastien GÉRARDIN se passionne très tôt pour la botanique et l’ornithologie. Il devient chanoine en 1790 puis, à la création des écoles centrales en 1796, il est nommé professeur à celle d’Épinal où il enseigne l’histoire naturelle. Il y crée également un jardin botanique et un cabinet de curiosités. En 1803, il rejoint le Muséum d’histoire naturelle de Paris et commence à publier des ouvrages de synthèse des principes de TOURNEFORTLINNÉ et JUSSIEU, pères de la classification botanique moderne. Dès 1803 il publie le Tableau élémentaire de botanique, suivi en 1810 par l’Essai de physiologie végétale. En outre il contribue au vaste Dictionnaire des sciences naturelles dirigé par Frédéric CUVIER.

Pendant des années, Gérardin travaille à un dictionnaire de botanique qui ambitionne de réaliser la synthèse des toutes les avancées modernes en unifiant une science fortement divisée en “écoles”. Le directeur du jardin botanique d’Angers, Nicaise Augustin DESVAUX, qui travaillait lui-même sur un dictionnaire depuis une dizaine d’années, apprenant l’existence du projet, remet ses notes à son éminent collègue. Mais en juillet 1816 GÉRARDIN décède au moment où il travaillait à une nouvelle édition, alors même que la première version de l’ouvrage était sur le point d’être imprimée.

Bien que le manuscrit du dictionnaire soit achevé, DESVAUX considère que son auteur avait l’intention de le corriger, et il décide de le reprendre pour y apporter sa touche personnelle : « Quand les idées de M. GÉRARDIN me parurent trop faibles ou même imparfaites, je les fortifiai des miennes propres ; plus un article me semblait négligé, plus j’apportai de soins à sa rectification. » Même si DESVAUX ne tarit pas d’éloges et multiplie les marques de déférence sur son ex-collègue, dont le portrait figure au début de l’ouvrage, nous sommes en droit de penser que le livre finalement publié en 1817 a été rédigé à quatre mains. Cette hypothèse est confirmée par la page de titre qui indique que le dictionnaire a été augmenté de plus de 3 000 articles, les suppléments occupant près de 140 pages.

DESVAUX prend soin de souligner que ce dictionnaire est plus complet que les autres disponibles sur le marché, et il revendique 6 000 entrées, alors que ceux qui l’ont précédé plafonnaient à 1 600. Démonstratif, il joint même un tableau comparatif qui démontre lettre par lettre à quel point le “Gérardin-Desvaux est, par le nombre de ses définitions, très supérieur aux autres dictionnaires récents. DESVAUX se garde néanmoins de préciser que l’ouvrage est moins volumineux que ceux de ses concurrents car il ne contient ni planches, ni illustrations, ni schémas. Une seconde édition, celle ici présentée, est publiée en 1822, sans modification majeure par rapport à la précédente.

Se voulant avant tout un ouvrage pratique et le lexique exhaustif des termes techniques d’une discipline qui inclut toutes les familles de végétaux, ce dictionnaire est constitué d’articles courts rédigés dans un langage simple et accessible. Pour respecter l’habitude désormais adoptée par les botanistes d’utiliser des termes latins en guise d’une sorte d’“esperanto” scientifique désigné sous le vocable de latin botanique, la traduction latine est accolée au mot français dans chaque définition. Signalant, le cas échéant, les vertus médicinales et pharmacologiques de certaines plantes, les auteurs ne manquent jamais d’indiquer leur utilisation dans l’agriculture et la sylviculture ainsi que leurs capacités tinctoriales.

Plutôt succinct et austère, ce dictionnaire ne remplacera jamais complètement ceux, pourtant déjà anciens, d’Étienne-Pierre VENTENAT et de Pierre BULLIARD. D’autres ouvrages de référence feront leur apparition dans les décennies suivantes, comme le Dictionnaire raisonné des termes de botanique et des familles naturelles d’Henri LECOQ, ou le Nouveau dictionnaire de botanique de GERMAIN de SAINT-PIERRE.

Poursuivant ses publications, DESVAUX se distinguera en proposant, dans sa Flore de l’Anjou de 1827, un nouveau type de classification botanique.



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