Musique, Instruments de musique

Dictionnaire pratique et raisonné des instruments de musique anciens et modernes

indiquant tout ce qui se rapporte aux différents types d'instruments en usage depuis l'époque la plus reculée jusqu'à nos jours. Guide de l'art instrumental.

Auteur(s) : JACQUOT Albert

 Paris, librairie Fischbacher, société anonyme, 33, rue de Seine
 édition originale
  1886
 1 vol (XII-295 p.)
 In-quarto
 demi-cuir rouge, dos à quatre nerfs, titre en lettres dorées
 orné de trente dessins


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Descendant d’une famille de luthiers renommés, Étienne Charles Albert JACQUOT voit le jour en 1853 à Nancy. Il apprend le métier auprès de son père, puis dans l’atelier parisien de son grand-père, tout en se consacrant à l’écriture sur ses sujets favoris : la musique et la lutherie. En 1882, il signe son premier ouvrage, La Musique en Lorraine, qu’il dédie à son ami et mentor le compositeur Charles GOUNOD. L’ouvrage, très bien accueilli, lui ouvre les portes de l’Académie de Stanislas. Au cours de ses études, notre auteur a l’occasion de trouver des références à des instruments anciens, peu connus du grand public et dont la pratique s’est perdue. JACQUOT s’intéresse également aux instruments régionaux et exotiques, ainsi qu’aux inventions encore récentes, comme celles de l’accordéon et du saxophone. C’est au nom de cette “curiosité instrumentale” qu’il rédige un Dictionnaire pratique des instruments de musique anciens et modernes, qui, agrémenté d’une trentaine d’illustrations, est édité à Paris en 1886, par la maison d’édition Fischbacher. C’est l’ouvrage que nous vous présentons.

Sans faire preuve d’érudition excessive, JACQUOT propose un “guide de l’art instrumental” destiné à un très large public, allant “des artistes, sculpteurs, architectes, à toute la grande famille qui relève des arts du dessin”, ainsi qu’aux “esprits curieux”. Non content de recenser des instruments, il reprend également dans son dictionnaire des éléments de vocabulaire technique. Fruit d’une collecte dans le monde entier, à toutes les époques et dans toutes les civilisations, la liste des instruments présentés – toujours de manière assez brève, à quelques exceptions près comme pour la harpe et le violon JACQUOT – est impressionnante. Outre les différents types de cors, de flûtes, de guitares, d’épinettes et de clavecins, le lecteur peut aussi découvrir le Crepitaculum, le Banjo, la Clarinette, le Chordaulodion, le Goura, le Durbekke (Darbouka), le Crwth, le Galoubet, le Kissar, le Kin (Qin), le Biniou, le Buccin, les Crotales, ou encore le Marimba, le Cromorne et l’Organistrum.

Après la publication de l’ouvrage, préfacé par le mélomane Jules GALLAY et réédité au cours de la même année, JACQUOT travaille avec son père, dont il reprend l’atelier en 1900. Il finit par acquérir une grande renommée dans le domaine de la lutherie, aussi bien comme réparateur que comme fabricant, ce qui lui vaut d’être choisi, dans son domaine, comme membre du jury et rapporteur général lors de l’Exposition universelle de 1900 à Paris. Jusqu’à son décès, qui surviendra en août 1915, il ne cessera d’écrire pour rendre hommage aux artistes et artisans de sa région natale. En 1912, il signe un ouvrage de référence sur son sujet favori : La lutherie lorraine et française depuis ses origines jusqu’à nos jours d’après les archives locales.

Quelques instruments

Acoucryptophone. Instrument ayant la forme de l’ancienne lyre, sans corde, sans clavier, inventé par l’Anglais Wheatstone, en 1822. On le suspendait au plafond à l’aide d’un cordon de soie et, pour le mettre en vibration, une clef était appliquée à une ouverture ménagée dans l’instrument. Cette clef servait à remonter une sorte de ressort, mettant en mouvement l’harmonie qui semblait provenir de la lyre, mais qui, en réalité, venait d’une sorte de piano conique et d’un tympanon placés près de l’acoucryptophone.

Aés Thermarum. Cloches métalliques suspendues aux fenêtres des bains publics des Grecs et des Romains. En les faisant résonner, on annonçait aux baigneurs que l’eau chaude était prête. Ces cloches avaient deux formes : la première était un disque de bronze renflé dans le milieu ; la deuxième se composait de deux clochettes semblables à celles employées actuellement et placées l’une au-dessus de l’autre.

Chikara. Instrument indien de Bénarès, du même genre que la vina. Il est formé d’une très grande courge de 26 centimètres de diamètre et dont la partie supérieure est sculptée. La table d’harmonie est légèrement bombée ; elle est faite d’un bois un peu ondé et verni ; la courbe extérieure est garnie d’un large filet d’ivoire. Le manche, arrondi au dos, s’emboîte dans le corps et porte une largeur de 7 centimètres dans sa partie supérieure ; la longueur de ce manche, de l’emboîture à l’extrémité, est de 77 centimètres. Le manche est creux afin que l’air s’introduise par le haut et entre en communication avec les vibrations de la table ; celle-ci n’ayant pas d’ouïes. La chikara a cinq cordes, la cinquième en dehors du manche et se pinçant à vide. Douze cases garnissent le manche. Une autre variété de chikara a trois et quatre cordes, dont la quatrième, placée en dehors du manche, possède un chevalet plus élevé ; mais cet instrument se joue avec un archet.

Angklang ou Anklong. Instrument malais, formé de bambous évidés dont la partie supérieure est coupée obliquement ; le pied est taillé en deux bandes étroites, qui jouent dans une rainure de la base d’un léger châssis. Par des mouvements d’oscillation, les tuyaux rendent de très beaux sons, en se heurtant contre les parois de la rainure dans laquelle ils se meuvent. Fétis remarque que cet instrument n’a pas été fait avec l’intention de former des rapports harmoniques. Il faut cependant observer que les Malais accordent l’Angklang, en remplissant plus ou moins les tuyaux d’eau ; ce que le célèbre musicographe semble ignorer.



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