Philosophie, Littérature française

Dictionnaire philosophique

ou Encyclopédie de pensées, de maximes et de réflexions, sur toutes sortes de sujets : religion, philosophie, beaux arts, histoire, politique, caractères, passions, vices, portraits, &c., par ordre alphabétique : ouvrage utile pour former le jugement & le goût, propre en même tems à ceux qui sont dans le cas de composer des discours, tant dans le sacré que dans le prophane ; et qui réunit ce que nos plus beaux génies ont pensé de mieux sur toutes ces matières

Auteur(s) : BETHUNE Dominique de, ALLETZ Pons Augustin

 à Paris, chez GUILLYN, quai des Augustins, près du pont S. Michel, au Lys d'or
 nouvelle édition (la première date de 1761)
  1762
 1 vol (VI- 615 p.)
 In-douze
 veau brun, dos à cinq nerfs, caissons ornés de motifs floraux dorés
 bandeaux décoratifs, culs-de-lampe


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Publié pour la première fois sans nom d’auteur à Paris en 1761, puis réédité à l’identique l’année suivante, ce Dictionnaire philosophique ou Encyclopédie de pensées, de maximes et de réflexions sur toutes sortes de sujets reste d’une attribution très incertaine. Sur la page de titre de notre exemplaire, un ancien propriétaire a inscrit la mention “par CHICANEAU de NEUVILLÉ, Rieffel [le propriétaire ?], juillet 1941″. Pourtant, il s’agit là sans conteste d’une confusion. En effet, Didier-Pierre CHICANEAU de NEUVILLÉ, compilateur prolifique, est bien l’auteur d’un Dictionnaire philosophique, ou Introduction à la connoissance de l’homme, qui est édité en 1751 par l’éditeur parisien Pierre GUILLYN,  lequel, en 1762, publie simultanément une nouvelle édition de chacun de ces deux dictionnaires philosophiques, d’où l’erreur probable d’attribution.

Une fois cette piste écartée, il nous reste deux autres auteurs possibles : le père Dominique de BÉTHUNE, capucin de la province de Paris, dont le nom est inscrit sur l’exemplaire conservé à la Bibliothèque nationale, et le polygraphe Pons-Augustin ALLETZ, qu’un numéro de La France littéraire de 1769 désigne comme l’auteur du livre. L’introduction du dictionnaire ajoute d’ailleurs au mystère, en le présentant comme une œuvre posthume découverte fortuitement : “Parmi les livres qui composoient la bibliothèque d’un homme de lettres, mort depuis deux ans, on trouva sous un carton le recueil qui fait la matière de cet ouvrage… Ses héritiers prièrent un homme connoisseur, qui avoit quelque loisir d’examiner ce recueil, pour savoir si l’on en pourroit faire quelqu’usage, ou si on le mettroit au rang des papiers condamnés à périr par leur propre inutilité. Mais la personne chargée de cet examen fut agréablement surprise de voir que la plupart des pensées & des réflexions, qui composoient ce recueil, étoient un choix de tout ce qu’il y avoit de plus judicieux, de plus agréablement exprimé, & qu’elles étoient puisées dans nos auteurs les plus célébrés.”

Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas en présence d’une œuvre originale, mais bien d’une compilation – “une encyclopédie des réflexions de l’esprit humain” – forgée à partir d’une multitude d’autres livres. Comme beaucoup de recueils publiés à la même époque, ce petit dictionnaire est essentiellement conçu pour procurer des sujets de réflexion, entretenir sa culture générale et fournir des bons mots, des maximes ou des concepts destinés à être placés dans la conversation pour faire montre d’esprit. Chaque entrée est agrémentée d’une citation qui, selon les cas, peut occuper une ligne ou une page entière.

L’auteur de cette compilation a recouru à un grand nombre de sources très éclectiques, le janséniste Pierre NICOLE et le chancelier Axel OXENSTIERNA y voisinant par exemple avec le libertin Charles de SAINT-EVREMOND ou le dramaturge LA MOTTE. À côté d’écrivains et de penseurs, comme VOLTAIRE, FONTENELLE, MONTAIGNE et D’ALEMBERT, très présents dans cet ouvrage, nous retrouvons également des extraits de livres de théologie et de morale, des écrits de savants et de scientifiques, tels PECQUET ou PASCAL, des pamphlets et des satires anonymes, des mémoires ou encore des périodiques et des essais philosophiques.

Ce dictionnaire ne sera pas réédité après 1762, sans doute parce que l’offre de ce type de recueils, bien que de qualité inégale, est devenue pléthorique. Quant au terme de dictionnaire philosophique, il sera repris plus tard avec succès par VOLTAIRE.



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