Minéralogie

Dictionnaire minéralogique et hydrologique de la France [première partie : Des fontaines minérales]

contenant I°.̱ la description des mines, fossiles, fluors, crystaux, terres, sables & cailloux qui s'y trouvent ; l'art d'exploiter les mines, la fonte & la purification des métaux, leurs différentes préparations chymiques & les divers usages pour lesquels on peut les employer dans la médecine, l'art vétérinaire & les arts & métiers ; II°.̱ L'histoire naturelle de toutes les fontaines minérales du royaume, leur analyse chymique ; une notice des maladies pour lesquelles elles peuvent convenir avec quelques observations pratiques : on y ajoint un Gneumon Gallicus. Pour servir de suite au dictionnaire des plantes, arbres & arbustes de la France & au dictionnaire vétérinaire & des animaux domestiques & completter l'histoire des productions naturelles & économiques du royaume

Auteur(s) : BUC'HOZ Pierre-Joseph

 à Paris, chez J.P. COSTARD, rue s. Jean de Beauvais
 édition originale
  1772
 2 vol : tome 1 (VI-635 p.), tome 2 (520-CLXIV p.)
 In-octavo
 cuir fauve, dos à cinq nerfs, caissons ornées devfleurons dorés,
 bandeaux décoratifs, culs-de-lampe


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Pierre-Joseph BUC’HOZ, médecin ordinaire du roi STANISLAS, duc de Lorraine, puis du comte d’ARTOIS, acquiert une certaine renommée par son travail sur la botanique et l’histoire naturelle, domaines aujourd’hui désignés sous le nom de “sciences de la vie et de la terre”. Animé par un souci de pédagogie et de vulgarisation, il fait publier une importante série d’ouvrages consacrés aux sciences naturelles, le plus souvent illustrés, dont un Dictionnaire vétérinaire et des animaux domestiques, en volumes, et Histoire universelle des végétaux.

Son Dictionnaire minéralogique et hydrologique de la France sort en 1772. Dans le premier tome il y recense les sources et fontaines de France dont la composition minérale et les vertus curatives ont été analysées. Les expériences effectuées par le passé sur la composition et la qualité des eaux, parfois du limon, sont retracées en détail. Cette démonstration d’ordre scientifique est suivie d’exemples concrets de traitements curatifs et de guérisons dus à l’eau minérale décrite. Par exemple, les eaux de la fontaine de Merlange à Montereau-Fault-Yonne ont permis de guérir une religieuse de violents maux d’estomac, libéré un jeune homme de son « obstruction au foie » et guéri une femme de sa chaude-pisse au rythme de deux pintes par jour pendant six semaines

Le deuxième tome, supplément du premier, prend en compte des mémoires, études et dissertations, publiés alors que le premier tome était déjà sous presse. Des nouvelles sources et fontaines font leur apparition comme celles d’Ambonnay ou d’Alet. Les ajouts et les corrections donnent lieu à de longs développements retraçant des analyses et des expérimentations nouvelles ou “oubliées” dans le tome précédent. Le dictionnaire est suivi d’observations sur les eaux en général, tirées d’une leçon donnée en latin par GEOFFROY au collège royal. Suivent un recueil de notices sur certaines fontaines, et une bibliographie détaillée et commentée sur l’hydrologie. L’auteur termine par un Précis sur les eaux minérales, complété par des dissertations comme celle rédigée sur les éléments par HOFFMAN et celles détaillant les méthodes d’analyse de l’eau.

Pour réaliser son ouvrage, BUC’HOZ a certainement pu compter sur l’aide de puissants protecteurs car, comme il l’indique : « Monsieur le Contrôleur général…a bien voulu écrire dans le tems à messieurs les Intendants des provinces, pour les engager, par le moyen de leurs subdélégués, à nous fournir des mémoires sur les eaux minérales. » Ces deux tomes consacrés à l’hydrologie sont suivis en 1774 et 1776 par deux autres, dédiés à la minéralogie et consacrés aux mines et aux fossiles.

Malgré le travail considérable accompli et une bibliographie très prolifique puisqu’on lui attribue entre 300 et 500 publications, BUC’HOZ subira jusqu’à la fin de sa vie les critiques voire les moqueries de ses pairs, comme DAUBENTON et JUSSIEU qui ne le considèrent pas comme un scientifique sérieux. Ses candidatures à l’Académie des sciences en 1779 et en 1800 seront rejetées d’office.

Cette mauvaise réputation le poursuivra après sa mort et expliquera la faible renommée dont il jouit jusqu’à nos jours. Au XIXe siècle, le botaniste PRITZEL parlera d’« un misérable compilateur », DEZOBRY et BACHELET de « compilations faites à la hâte et remplies d’erreurs », et MICHAUD, en parlant de ses livres, affirme qu’« aucun n’a contribué au progrès de la science ; il n’a fait aucune description d’une plante qui soit exacte ».

L’ouvrage s’ouvre sur une dédicace à monseigneur le comte d’ARTOIS et se termine, à la fin du tome 2, par un index des villes. Pour l’anecdote, le curieux nom de famille de l’auteur, officiellement entériné en 1758, est une déformation volontaire, son nom d’origine étant BUGHAUT.

 



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