Français (langue), Expressions et proverbes, linguistique

Dictionnaire idéologique

Recueil des mots, phrases, idiotismes et proverbes de la langue française, classés selon l'ordre des idées

Auteur(s) : ROBERTSON Théodore (LAFFORGUE Pierre Charles Théodore)

 Paris, A. DERACHE, libraire pour les langues étrangères, 7 rue du bouloy, au premier, entrée par la porte à gauche de celle des Messageries
 édition originale
  1859
 1 vol (480 p.)
 In-octavo
 demi-basane brune, chagrin rouge, dos à quatre nerfs, titre diré et caissons ornés.


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Pierre Charles Théodore LAFFORGUE, connu sous le pseudonyme de Théodore ROBERTSON, dispense des cours d’anglais dès ses 15 ans. À l’âge de 19 ans il ouvre un cours public et utilise désormais, pour son activité de professeur de langues, le nom de famille de son beau-père, François ROBERTSON, dont la consonance anglaise lui assure un surcroît de crédibilité professionnelle. Le succès étant au rendez-vous, il dispose même, pendant une douzaine d’années, d’un périodique pour diffuser sa pédagogie : le Robertson’s Magazine.

Sa méthode s’inspire des conceptions éducatives de JACOTOT associant intimement l’écrit et l’oral tout en s’appuyant sur l’apprentissage et l’analyse de textes afin de mémoriser les règles grammaticales et syntaxiques. Novatrice, sa méthode fait école et devient la “méthode Robertson”. Particulièrement prisée des autodidactes, elle est en vogue pendant plusieurs décennies et s’applique à d’autres langues comme l’espagnol, l’allemand ou même le latin.

Fort de son audience et du succès de son journal, il rédige de nombreux manuels d’apprentissage de l’anglais ainsi que des essais sur la linguistique et l’enseignement des langues. Ouvrage-clé de sa méthode, son Cours pratique de la langue anglaise, publié pour la première fois en 1835, est remanié et augmenté avant d’être réédité entre 1840 et 1844. En 1852, après 30 ans d’enseignement, LAFFORGUE-ROBERTSON se retire de l’enseignement et confie son établissement à son gendre Henry HAMILTON.

Il élargit alors son public en proposant en 1854 un manuel destiné aux anglophones désireux d’apprendre leWhole French Langage et, en 1861, un autre destiné à la jeunesse, L’anglais à la portée des enfants français. Au cours de ses recherches et de ses lectures, il consulte le Thesaurus of English Words and Phrases de Peter Mark ROGET. Publié en 1852, cet ouvrage, qui devient rapidement une référence en Angleterre, est basé sur un classement analogique du vocabulaire à partir d’un mot-clé selon un système par “arborescence”. Six classes principales sont subdivisées en divisions, elles-mêmes divisées en sections puis en sous-groupes numérotés. LAFFORGUE-ROBERTSON entend clairement appliquer ce plan et cette méthode à la langue française en suivant la classification de ROGET.

Dans le Dictionnaire idéologique ici présenté, les mots ne sont donc pas classés selon l’ordre alphabétique, mais selon leur signification qui les rattache à une branche “idéologique” précise en les reliant à un concept central, une « idée génératrice » comme le définit l’auteur. D’où le terme “idéologique” qui qualifie cet ouvrage… Il s’agit d’aller plus loin qu’un dictionnaire de synonymes en élargissant au maximum le champ lexical possible : « Ce qu’il faut à l’écrivain, c’est un vocabulaire disposé de telle façon qu’il y trouve, groupé dans la même colonne ou dans la même page, tous les mots et toutes les locutions ayant rapport à l’idée qu’il veut rendre… En outre, l’examen d’une liste de mots analogues par le sens lui suggérera par induction d’autres associations d’idées. »

Installé à Meudon, il officialise en 1859 son nouveau nom, Théodore ROBERTSON, continuant à travailler sur les langues et traduisant également des manuels étrangers. Le Dictionnaire idéologique s’ouvre sur un tableau synoptique spécifiant les « mots générateurs » sous lesquels les autres groupes de mots ont été rangés. En fin de volume, un index alphabétique de près de 165 pages est destiné à faciliter la recherche si le tableau n’a pas permis de retrouver la bonne série, certains mots étant polysémiques.

Exemple

Classe IV : Facultés intellectuelles-Division I : Formation des idées-Section V : Résultats du raisonnement-482 : V. exagérer, grossir, diviniser, outrer. Phr. Faire d’une mouche un éléphant. Charger un compte. Se faire des fantômes de rien. La peur grossit les objets. Il faut en rabattre la moitié. Adv. Par-dessus les maisons



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

EffacerSoumettre