Histoire de l'art, Biographies

Dictionnaire historique des peintres de toutes les écoles depuis l’origine de la peinture jusqu’à nos jours

contenant : 1.Un abrégé de l'histoire de la peinture chez tous les peuples, 2.Des tableaux synoptiques présentant la nomenclature des peintres, par ordre chronologique et par écoles,3. La biographie des peintres par ordre alphabétique avec désignation d'école, 4.L'indication de leurs principaux tableaux avec désignation des lieux ou ils se trouvent,5.La caractéristique de leur style ou de leur manière, 6.Le prix auquel ont été vendus dans les ventes célèbres des trois derniers siècles y compris le XIXème, 7.Six cents monogrammes environ des principaux peintres

Auteur(s) : SIRET Adolphe

 Paris, Librairie internationale, 15, bd Montmartre, au coin de la rue Vivienne ; à Bruxelles, à Livourne et à Leipzig, A. LACROIX, VERBOEKHOVEN et Cie, éditeurs
 deuxième édition revue et considérablement augmentée
  1866
 1 vol (1155 p.)
 In-octavo
 veau, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge
 reproduction de 600 monogrammes et signatures de peintres


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Né à Beaumont, en Belgique, Adolphe SIRET se lance dès ses études dans la littérature et reçoit d’emblée un accueil chaleureux du très actif milieu littéraire gantois. Sous l’impulsion de personnalités telles que Jules de SAINT-GENOIS, Jan Frans WILLEMS et Karel LEDEGANCK, la vie culturelle du pays de GAND est animée par la volonté de promouvoir la langue néerlandaise comme langue littéraire afin de contribuer à la renaissance de la culture flamande. SIRET entame une carrière d’écrivain très prolifique et voit beaucoup de ses ouvrages être traduits en néerlandais. Il est l’auteur de nombreux recueils de poésie, de pièces de théâtre, de contes pour enfants et de récits historiques nationaux rédigés sous la forme de romans. En parallèle, il suit une carrière administrative et devient en 1849 chef de cabinet du gouverneur de la province de Namur. En 1855 il accède au poste de chef de division ; en 1857 il devient inspecteur de l’enseignement primaire dans le canton d’Andenne, puis commissaire d’arrondissement de Saint-Nicolas.

En dehors de l’archéologie, SIRET s’intéresse à l’histoire de l’art et à la critique. En 1848, il publie le Dictionnaire historique des peintres de toutes les écoles, ouvrage qu’il ne compose pas comme un dictionnaire classique mais sous la forme de tableaux chronologiques classés par écoles (hollandaise, flamande, allemande, russe, etc.) et par date de naissance de l’artiste. Fruit d’un long travail de collecte et de synthèse, ce livre est salué par ses pairs, et son auteur voit son expertise reconnue. En 1859 SIRET fonde le Journal des beaux-arts et de la littérature. Correspondant depuis 1855, il devient, en janvier 1866, membre de l’Académie royale de Belgique, classe des beaux-arts.

Cette même année, il publie une édition révisée, remaniée et augmentée de son dictionnaire des peintres, précédée d’un très court abrégé de l’histoire de la peinture depuis l’Antiquité. Il s’agit de l’ouvrage ici présenté. L’auteur a désormais renoncé à une présentation par tableaux et à une organisation par école pour se ranger au classement alphabétique traditionnel avec, en fin de volume, une table qui regroupe les peintres par nationalité et par siècle. SIRET a entrepris un long travail de recherche pour corriger les nombreuses erreurs de son précédent livre, imputables aux sources contradictoires, lacunaires, voire inexistantes pour les peintres les plus anciens. Sur ses contemporains, tels que COURBET, DELACROIX et MEISSONNIER, l’auteur a prudemment pris le parti de ne livrer qu’un minimum d’informations.

Les biographies sont plus ou moins fournies, mais s’efforcent de citer des œuvres majeures ou emblématiques des artistes, parfois assorties du prix auquel elles ont été acquises. Le style du dictionnaire est dépouillé, le propos se voulant avant tout informatif. Certains artistes majeurs comme GIOTTO, REMBRANDT ou POUSSIN ont droit à plus d’une page, l’article étant en grande partie consacré au catalogue des œuvres. Alors que la notice consacrée à RAPHAEL, classé à SANZIO, s’étend sur près de neuf pages, RUBENS, le célèbre compatriote de SIRET, bénéficie quant à lui d’une trentaine de pages, dont la majeure partie consacrée à ses œuvres connues parfois accompagnées de commentaires.

L’auteur, sans doute préoccupé par le volume final de l’ouvrage, a limité les détails biographiques à ce qui se rapporte d’une manière directe à la formation, au style et aux œuvres. Ce n’est donc pas ici qu’il faut chercher des informations détaillées et des anecdotes, l’inventaire des œuvres semblant prioritaire. A contrario, SIRET met un point d’honneur à préciser le genre de peinture et les thèmes dominants de l’œuvre des artistes cités : peintre de genre, paysages, portraits, histoire, ornement, graveur, natures mortes, marines, etc.

De même il livre une brève analyse stylistique personnelle. Si elle est souvent liminaire – Diego SANCHEZ SARABIA se voit résumé par cette formule lapidaire : « lignes sèches » –, elle peut être plus développée selon l’inspiration de l’auteur. Ainsi chez CHARDIN il souligne les points suivants : « Grande vérité d’expression ; naïveté charmante ; coloris frais et agréable ; clair obscur savant ; touche ferme ; effet harmonieux et pittoresque. » Autre exemple avec BOSCH (classé à AEKEN) : « coloris vigoureux ; dessin correct ; belles draperies ; peignait de préférence sur des fonds blancs, procédé qui donnait beaucoup de transparence à ses tableaux, lesquels sont recherchés, quoique d’un effet peu agréable ; imagination très riche. » Alors que dans la première édition de 1848 ils étaient relégués dans des planches en fin d’ouvrage, les monogrammes des artistes sont ici intégrés aux biographies, permettant ainsi au lecteur de découvrir ces belles signatures stylisées.

Ce dictionnaire connaîtra un beau succès, et SIRET aura toute latitude pour préparer une nouvelle édition augmentée, en deux tomes, qui verra le jour en 1883. Ce livre restera longtemps une référence et continuera à être imprimé dans l’entre-deux-guerres.



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