Histoire de l'Europe, Belgique, Allemagne, Empire napoléonien

Dictionnaire géographique et topographique des treize départemens

qui composaient les Pays-Bas autrichiens, Pays de Liège et de Stavelo; les électorats de Trèves, Mayence et Cologne, et les duchés de Juliers, Guildre, Clèves , etc. réunis à la France. Divisé en deux parties :

Auteur(s) : OUDIETTE Charles

 à Paris, de l'imprimerie de CRAMER, rue des Bons enfants, n°12
 édition originale
  1804-1805
 2 vol : tome 1. Belgique (L-364 p.), tome 2. Rive gauche du Rhin (XX-353 p.)
 In-folio
 demi-cuir, coiffes absentes
 2 cartes dépliantes


Plus d'informations sur cet ouvrage :

En déclarant la guerre à l’empereur d’Autriche en avril 1792, la France révolutionnaire s’engage dans un long conflit qui va l’opposer à la plupart des puissances coalisées du continent. Cette entrée en guerre se veut à la fois émancipatrice – il s’agit alors officiellement de “libérer” les peuples du joug des tyrans – et défensive face aux menées contre-révolutionnaires des régimes monarchiques qui hébergent les émigrés. Mais la guerre va finalement – en particulier après 1794, lorsque le sort des armes va devenir particulièrement favorable aux troupes françaises – se traduire par des conquêtes territoriales qui aboutiront à l’annexion pure et simple de régions intégrées à des principautés, des royaumes ou des empires.

Ces rattachements interviennent souvent à la suite d’une phase intermédiaire de mise en place de “républiques sœurs”, telles l’éphémère république de Bouillon, la République rhodanienne et la République ligurienne. Mais les annexions peuvent aussi intervenir directement, comme pour Nice et la Savoie, qui deviennent des départements français dès 1792 et 1793. À la suite des victoires militaires de 1794 et 1795, la République reprend à son compte la vieille ambition royale de voir déplacer la frontière de la France vers le Rhin. C’est ainsi que la Belgique et les provinces rhénanes allemandes se trouvent intégrées au territoire français, pendant que, de leur côté, les Provinces-Unies sont constituées en République batave.

Réoccupés après la victoire de Fleurus, les anciens Pays-Bas autrichiens, la principauté épiscopale de Liège, le duché de Bouillon, la principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy et quelques territoires hollandais comme Maastricht, sont rattachés à la France à la suite d’un vote de la Convention, le 9 vendémiaire an IV (1er octobre 1795). Ces provinces, qui avaient d’ailleurs déjà connu, quelques années auparavant, des tentatives révolutionnaires et des expériences républicaines, sont refondues dans les neuf départements réunis : Lys, Escaut, Deux-Nèthes, Dyle, Meuse-Inférieure, Ourthe, Jemmapes, Sambre-et-Meuse, et le département des Forêts. En octobre 1797, par la paix de Campo-Formio, l’Autriche renonce officiellement à sa souveraineté sur ces territoires.

Pour les multiples principautés allemandes de la rive gauche du Rhin, comme les électorats de Trèves, Cologne et Mayence, les duchés de Clèves et de Gueldre, la situation est plus longue à se décanter, mais finalement, le 5 septembre 1797, une république de Cisrhénanie  est proclamée, subdivisée deux mois plus tard en quatre départements : Mont-Tonnerre, Rhin-et-Moselle, Roer et Sarre. Déjà gérés par le Directoire depuis le 23 septembre 1800, ces quatre départements sont formellement annexés à la France le 9 mars 1801.

Ce sont ces nouvelles entités qui font l’objet du dictionnaire présenté ici sous le titre de « Dictionnaire géographique et topographique des treize départements ». Il est rédigé par un certain Charles OUDIETTE, dont nous ne savons quasiment rien, sinon qu’il est ingénieur-géographe à Paris. À la BNF, une carte datée de 1794, intitulée Tableau de l’Europe indiquant les routes et distances de Paris aux villes capitales des principaux États de cette partie du Monde, et des régions limitrophes, lui est attribuée. Il s’agit certainement d’une commande officielle, car l’auteur indique avoir travaillé “d’après l’approbation du gouvernement”.  Pour effectuer sa mission de recensement et de collecte d’informations, il reçoit l’appui direct des autorités, le ministère de l’Intérieur lui apportant sa recommandation officielle pour qu’il obtienne tous les renseignements nécessaires au cours de ses enquêtes de terrain.

Le livre est présenté à l’Empereur, le 30 fructidor an XII (30 septembre 1804). Le 2 octobre suivant, NAPOLÉON écrit à PORTALIS : “Je reçois un ouvrage intitulé Dictionnaire géographique et topographique des treize départements réunis, par un nommé Charles OUDIETTE. L’idée de cet ouvrage me paraît bonne. S’il est bien fait, engagez l’auteur à le continuer pour les six départements du Piémont et, par suite, pour tous les autres départements de la France. Si l’ouvrage est bon, ce que je n’ai pu vérifier, faites donner à l’auteur 3 000 francs de gratification et écrivez-lui une lettre de satisfaction.”

OUDIETTE revendique l’exhaustivité de son dictionnaire, même si les données ont évolué depuis l’époque de la collecte d’informations jusqu’à la parution effective du livre : “Celui-ci comprend jusqu’au moindre village, la population, les productions, l’industrie et le commerce des divers endroits y sont désignés, non seulement avec les départements et arrondissements dans lesquels ils sont situés, mais encore les provinces dont ils dépendaient avant leur réunion à la France.” Il traite la Belgique et l’Allemagne rhénane dans deux volumes différents.

Après un bref rappel historique global et une présentation rapide de chaque département dans laquelle il indique la division militaire, la division de la gendarmerie nationale et la division de conservation forestière, chaque localité est passée en revue. Les informations sont le plus souvent brèves et purement utilitaires, à l’exception des villes les plus importantes comme Anvers, Bruxelles, Aix-la-Chapelle, Ostende, Cologne, Worms et Namur, qui justifient un plus long développement historique et économique.

Cette longue liste de villes et villages constitue un recensement complet de la région au début du XIXe siècle. Selon les calculs d’OUDIETTE, les treize départements totalisent 4 424 583 habitants, qui sont devenus français du jour au lendemain. En 1810, le royaume de Hollande, qui avait succédé à la République batave, se trouve aboli et la France impériale s’agrandit de sept nouveaux départements. En 1811, d’autres annexions et créations administratives dans le nord de l’Allemagne portent la frontière française au-delà de l’Elbe, de sorte que la France se trouve alors composée de 130 départements. La chute de l’Empire mettra fin à ce découpage administratif, et le congrès de Vienne redessinera la carte de l’Europe. La Belgique et les Pays-Bas seront réunis dans un nouveau royaume, et la rive gauche du Rhin tombera majoritairement sous la domination de la Prusse et du grand-duché de Hesse.

Après avoir rédigé ce dictionnaire, OUDIETTE récidive en 1807 avec un Dictionnaire topographique des environs de Paris, augmenté et réédité à plusieurs reprises jusqu’en 1821.

Exemple de notice : Waterloo (là où s’achèvera l’épopée napoléonienne dix ans plus tard).

Waterloo : village, département de la Dyle, arrond. de Nivelles, ci-devant duché de Brabant. Pop. 15 à 1600 habitants avec ses dépendances qui forment ensemble une rue de la longueur d’une demi-lieue sur la chaussée de Bruxelles à Namur. Ce village est à 3 lieues de cette première ville et à égale distance de Nivelles, joignant la forêt de Soigne.



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