Marine

Dictionnaire encyclopédique de marine

Auteur(s) : VIAL du CLAIRBOIS Honoré-Sébastien

 

BLONDEAU Etienne-Nicolas, DUVAL LE ROY Nicolas Claude

 à Paris, chez PANCKOUCKE, libraire-imprimeur, rue des poitevins n°18
 nouvelle édition (la première date de 1783-1787)
  1793
 4 vol : tome 1. Abab-Dessus (XII-712 p.), tome 2. Destination-Muraille (783 p.), tome 3. Nadir-Zopissa (897 p.), tome 4. recueil des planches (181 p.)
 In-quarto
 veau marbré, dos à cinq nerfs avec caisson ornés de motifs floraux dorés, dédicade en lettres dorées sur le plat du livre
 175 planches gravées dont 3 doubles


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Honoré-Sébastien VIAL du CLAIRBOIS entre très jeune dans la marine de commerce, mais il doit renoncer à naviguer à cause de sa très mauvaise vue et se résout, à partir de 1754, à embrasser une carrière militaire. Affecté à l’état-major du général Victor François de BROGLIE qui le prend sous sa protection, il le suit dans la disgrâce et doit quitter l’armée après 1761. Retiré à Brest à partir de 1764, il y développe une manufacture de toiles à voile mais continue à étudier en parallèle les sciences, l’ingénierie et la construction navale.

En 1776, il publie un Traité géométrique et pratique sur l’architecture navale qui lui vaut d’être remarqué par Étienne BEZOUT et Jean-Charles de BORDA. Grâce à la recommandation de ces deux personnalités, il est admis au sein de la marine royale comme sous-ingénieur constructeur à Brest, et devient ingénieur ordinaire en 1783. Entre-temps, VIAL du CLAIRBOIS se fait connaître plus largement en publiant en 1781 sa nouvelle traduction, sensiblement corrigée et augmentée, d’un ouvrage de référence sur l’architecture navale, le Traité de construction des vaisseaux, du suédois Frédéric-Henri de CHAPMAN.

C’est donc en qualité d’expert reconnu que VIAL du CLAIRBOIS est recruté par l’éditeur PANCKOUCKE pour assister Étienne-Nicolas BLONDEAU, figure éminente de l’Académie de marine de Brest, dans la rédaction des volumes consacrés à la marine dans l’Encyclopédie méthodique ; cet ouvrage ambitionne d’être à terme plus complet et plus abouti que l’Encyclopédie de DIDEROT et D’ALEMBERT.

BLONDEAU décède brusquement en 1783, peu de temps après la publication de la première partie du premier volume, laissant VIAL du CLAIRBOIS seul à la tête du projet. Ce dernier peut néanmoins compter sur l’assistance de Nicolas-Claude DUVAL LE ROY pour rédiger les articles relatifs aux mathématiques. VIAL du CLAIRBOIS mène à bien l’entreprise en respectant le plan général de l’ouvrage qu’il a lui-même dressé dès l’origine. Ce plan figure sous la forme d’un tableau analytique et d’un “arbre encyclopédique” placés au début du dictionnaire. Les quatre tomes, trois de textes et un de planches, s’échelonnent entre 1783 et 1787.

Ces quatre volumes sont réédités en 1793 chez PANCKOUCKE sous le titre de Dictionnaire encyclopédique de marine, ouvrage qui est ici présenté. La page de faux titre et l’avertissement de l’éditeur ont disparu, tout comme la dédicace au duc de CASTRIES et la mention du privilège du roi, omissions facilement compréhensibles car nous nous trouvons en pleine époque révolutionnaire. Le contenu de ce dictionnaire est identique dans les deux éditions, et il faut souligner que les articles techniques y sont particulièrement développés (par exemple l’article Baromètre ou l’article Commettre qui porte sur les cordages). L’ouvrage est parsemé de nombreux renvois à d’autres articles et aux planches qui ne sont pas légendées, les explications étant intégrées aux articles.

La paternité de l’ensemble de l’œuvre revient incontestablement à VIAL du CLARBOIS, même si une grande partie des articles ne sortent pas de sa plume. Ceux qu’il rédige personnellement ont pour signature V**, ceux de BLONDEAU sont suivis par B et ceux de DUVAL le ROY par Y. Notons que, pour réussir à boucler l’ensemble en un temps très court, il travaille à partir de nombreuses sources externes et n’hésite pas à pratiquer des emprunts chez de nombreux auteurs. Les articles rédigés à partir d’autres ouvrages ont pour signature V** et sont éventuellement suivis de la signature d’un ou de plusieurs auteurs. C’est ainsi que SAVERIEN (S), le chevalier de LA COUDRAYE (C), AUBIN (A), BELLIN (Z), LESCALLIER (E) ou BOURDE de LA VILLEHUET (B, comme Blondeau, curieusement !) sont souvent cités. Plus occasionnellement on trouve des références à DUHAMEL du MONCEAU, à ROMME ou encore à BERTHOUD, le grand spécialiste des chronomètres de marine.

Signalons que certaines planches sont directement empruntées à l’ouvrage Architectura navalis mercatoria, de CHAPMAN. Celles qui se rapportent aux articles de BLONDEAU portent des chiffres romains, et celles commentées par VIAL du CLAIRBOIS, des chiffres arabes. Une nouvelle édition sortira en 1798, cette fois chez AGASSE, beau-fils de PANCKOUCKE, qui lui a entre-temps succédé à la tête de l’Encyclopédie méthodique, sous le titre de Dictionnaire raisonné de marine, mis en ordre par le C. VIAL DUCLAIRBOIS. Ce dernier poursuivra une belle carrière : en 1873, il sera ingénieur-constructeur en chef, et en 1800 deviendra directeur de l’École des ingénieurs constructeurs de Brest.

Les plats du dictionnaire sont ornés par un ex-libris imprimé en lettres dorées : « Au citoyen KROHM, cap. de vaisseau ». Mousse à 13 ans dans la marine de guerre, Joseph Hyacinthe Isidore KROHM deviendra capitaine de vaisseau en 1794 et participera à de nombreux combats successifs, depuis la guerre d’Indépendance américaine jusqu’à la chute de l’Empire. Il sera nommé officier de la Légion d’honneur en 1804.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

EffacerSoumettre