Ancien français (langue), Français (langue)

Dictionnaire du vieux langage françois

enrichi de passages tirés des manuscrits en vers & en prose, des actes publics, des ordonnances de nos rois, &c. Ouvrage utile aux légistes, notaires, archivistes, généalogistes, &c. Propre à donner une idée du Génie, des meurs de chaque siècle, & de la tournure d'esprit des auteurs; & nécessaire pour l'intelligence des loix d'Angleterre, publiées en François depuis GUILLAUME le Conquérant, jusqu'à EDOUARD III

Auteur(s) : LACOMBE François

 à Paris, chez PANCKOUCKE, libraire, rue & à côté de la Comédie françoise
 édition originale
  1766
 1 vol (VIII-498 p.)
 In-octavo
 cuir havane, dos à cinq nerfs, caissons ornés de motifs floraux dorés


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Le nom complet de François LACOMBE serait peut-être Antoine François BÉLIGAT LACOMBE. Les informations personnelles le concernant sont peu fournies. Nous savons simplement qu’à la fin de sa vie la Convention le place sur une liste d’hommes de lettres touchant une aide financière et qu’il aura un temps exercé la fonction de commissaire de police à Montpellier. La grande majorité de ses livres sont demeurés anonymes, mais il laissera derrière lui une bibliographie assez fournie, allant de traductions à des ouvrages sur des sujets divers comme Londres et la constitution anglaise ou encore Les lettres de CHRISTINE de Suède, en passant par le curieux Mitron de Vaugirard, dialogues sur la farine, le bled et le pain.

Nous ignorons la genèse du Dictionnaire du vieux langage françois, publié pour la première fois en 1766, et il est donc impossible de savoir s’il résulte d’une commande de libraire. En revanche, il est certain que le sujet intéresse fortement LACOMBE qui, partant d’un simple lexique, finit par entreprendre une étude historique de la langue française. Il se fixe comme objectif d’approfondir « l’histoire que je devois donner des révolutions par lesquelles cet idiome a passé pour arriver au point de perfection où nous le voyons parvenu ».

Les entrées de ce dictionnaire s’apparentent, dans la plupart des cas, à celles d’un lexique dans la mesure où elles proposent l’équivalent du terme ancien en français “moderne” et souvent en latin. Lorsque le mot nécessite des explications historiques ou juridiques, il fait l’objet d’une définition liminaire ponctuellement complétée par des citations tirées le plus souvent de poèmes et par des indications étymologiques remontant parfois au substrat celtique de la langue française.

Alors que la notion d’ancien français est le plus souvent cantonnée aux parlers romans de langue d’oïl, l’une des originalités du travail de LACOMBE est d’avoir intégré, dans son étude de l’ancien français, les textes des troubadours de langue d’oc et de la poésie provençale du Moyen Âge. En préface il remercie LA CURNE de SAINTE PALAYE, ce dernier « ayant bien voulu me communiquer le recueil immense qu’il a fait de tous nos poètes provençaux, trésor précieux où brille également l’érudition la plus vaste, le goût le plus vrai, le discernement le plus exquis ». Ce spécialiste renommé des troubadours médiévaux est alors en train de travailler sur un imposant Dictionnaire historique de l’ancien langage françois (présent sur Dicopathe) qui malheureusement demeurera inachevé à sa mort.

L’intérêt de LACOMBE pour le français méridional est encore plus marqué dans le supplément daté de 1767. Celui-ci débute par une longue introduction qui retrace l’évolution de la langue française médiévale et met l’accent sur « la langue romane ou provençale ». Il renferme un lexique enrichi de termes occitans et franco-provençaux avec des mots comme Aalada, Adouzilha, Jalhibra ou encore Primoutado.

LACOMBE apparaît comme un précurseur de l’étude de l’occitan, mais par ailleurs il manifeste un intérêt marqué pour les origines celtiques de la langue française. C’est ainsi que la nouvelle édition de 1768, rebaptisée Dictionnaire de la langue romane ou du vieux langage françois débute par un long discours sur l’origine & les révolutions des langues celtique et françoise.

Le Dictionnaire du vieux langage françois s’intéresse également aux tournures d’origines française, normande, germanique et celtique utilisées en Angleterre au sein de la haute aristocratie sous les règnes de GUILLAUME le Conquérant et de la dynastie des Plantagenêt, avec l’apparition de termes anglo-normands comme Eschiquier, Mischief, Banneret ou Pernet.

Une dédicace fait l’éloge du duc d’AIGUILLON, gouverneur de Bretagne alors très controversé par le parlement de Rennes. Ex-libris de Jean-Antoine BOUILLET, baron d’ARLOD, syndic général de la noblesse du Bugey.

Quelques termes extraits du Dictionnaire du vieux langage françois

*ABERHAVRE : embouchure de rivière, ostium fluminis.

*BLOED : sang, sanguis. Ce mot est celtique. Les Anglois en ont fait Blood. Il faut le prononcer bref Blod.

*DORGASSE : une femme vieille, grossière & rustre, une villageoise.

*MALAVALISQUE : si, si donc.

*MANEFLE : une suborneuse de servantes, une macquerelle.

*MATAGROBOLISER : prendre beaucoup de peine pour ne rien faire qui vaille.

*PANDICULATION : l’action de s’étirer en baillant.

*POILOUX : sale, vilain, malpropre, immundus.

*REPUPIAIRE : un vieillard amoureux, qui extravague & se fait mocquer de lui par son inconduite.

*RIDRICES : tromperies, vols, coquineries.



2 Commentaires
    • Bonjour,
      Pour l’instant, je ne trouve pas ce mot, Arbote. C’est un mot d’ancien français, latin, étranger ?

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