Dictionnaire des lieux imaginaires
Auteur(s) : MANGUEL Alberto, GUADALUPI Gianni
REMAUX PAtrick (traduction) ; TOUCHARD MArie-Claude (Traduction) ; TOUCHARD Olivier (traduction)
Plus d'informations sur cet ouvrage :
Abandonnant ses études de philosophie et de lettres à l’université de Buenos Aires, Alberto MANGUEL se consacre à l’écriture avec un certain succès, tout en collaborant avec un grand quotidien argentin. En 1974, il accepte l’offre d’emploi d’une maison d’édition basée à Milan, où il fait la connaissance de Gianni GUADALUPI, un traducteur et auteur spécialisé dans les anthologies. En 1977, après que les deux amis ont travaillé de concert sur un ouvrage, GUADALUPI soumet à son collègue l’idée de rédiger un petit guide de voyage qui conduirait le lecteur dans différents lieux imaginaires popularisés par la littérature mondiale.
Enthousiasmé par le projet, le duo commence à recenser ces contrées fictives. D’emblée, certains noms leur viennent spontanément à l’esprit, comme Oz, le Pays des merveilles, Narnia, Thulé, Sélène, la Terre du Milieu, l’Atlantide, Xanadu, Orphir, Shangri-La, ou encore les contrées décrites dans les Voyages de Gulliver et l’Odyssée. Mais ils se rendent vite compte que leur domaine de recherche est d’une richesse insoupçonnée et que leur tâche s’annonce titanesque. En effet, le recours d’un auteur à des contrées imaginaires est un procédé littéraire utilisé depuis des temps immémoriaux dans les genres littéraires les plus variés : démonstrations philosophiques, récits mythologiques, contes et légendes, voyages initiatiques, romans d’anticipation ou de science-fiction. Les lieux et pays inventés imprègnent notre imaginaire et, longtemps cantonnés à la littérature, nous les retrouvons désormais dans la bande dessinée, le cinéma ou les jeux vidéo.
Finalement, MANGUEL et GUADALUPI décident de respecter une série de critères afin de limiter leur recherche. Les lieux retenus doivent être réellement imaginaires et ne pas se référer à des endroits réels utilisés comme décors de fiction. Ils écartent les enfers et les paradis des différentes religions, les villes, mais aussi les territoires inspirés par un ou plusieurs lieux dissimulés sous un pseudonyme, comme le Yoknapatawpha de FAULKNER ou le Balbec de PROUST. De manière plus discutable, ils conviennent de ne pas s’attarder sur les récits d’anticipation et d’uchronie basés sur le futur possible d’une société de l’époque contemporaine ; c’est ainsi qu’ils ne retiennent pas les mondes de Métropolis et de 1984. Les auteurs, qui reconnaissent avoir souvent fait preuve de subjectivité, assument aussi certaines absences, comme Gotham City. Au total, ce copieux recueil rassemble plus d’un millier de lieux imaginaires, soit à peine plus de la moitié des lieux candidats visités par nos deux “explorateurs de fictions“.
La première édition du livre est publiée en 1980 à New York sous le titre The Dictionary of Imaginary Places. L’année suivante, il est traduit et édité en France sous le titre de Guide de nulle part et d’ailleurs : à l’usage du voyageur intrépide en maints lieux imaginaires de la littérature universelle. Devant le succès critique et public, d’autres éditions augmentées suivront. En 1998, la société Actes Sud publiera une version qui, retrouvant son titre d’origine (Dictionnaire des lieux imaginaires), sera ensuite éditée en format livre de poche ; la version présentée ici.
La lecture du dictionnaire permet de découvrir des mondes farfelus et bizarres, mais aussi, selon les cas, sauvages ou civilisés, barbares ou pacifiques. Exhumant parfois des œuvres tombées dans l’oubli, nos deux auteurs nous invitent à découvrir un monde foisonnant, dans lequel se sont pleinement épanouies l’imagination la plus débridée et la plus grande liberté créatrice. À côté de lieux désormais bien connus et rentrés dans la culture populaire – Avalon, Arkham, les mines du roi Salomon, le château de Dracula, le manoir de Baskerville, Narnia, etc. -, le lecteur peut également découvrir ou redécouvrir Londres sur Tamise, Terremer, Azania, Le Puits au bout du monde, le Mont analogue, Capillaria, Ruach, Baleuta ou encore L’Île des Pingouins, Exopotamie, Bensalem, Albur, L’île des abeilles industrieuses et Pellucidar. Le charme du dictionnaire réside également dans une iconographie très soignée. Il est, en effet, agrémenté de belles illustrations, réalisées par Graham GREENFIELD, qui s’inspire des gravures des encyclopédies et des récits de voyage du XIXe siècle. Grand bibliophile, MANGUEL rédigera sur sa passion de nombreux essais, dont certains connaîtront un beau succès, tels que La Bibliothèque la nuit, Une Histoire de la lecture ou encore Je remballe ma bibliothèque.





