Arts décoratifs, Histoire de l'art

Dictionnaire des arts décoratifs

‎à l'usage des artisans, des artistes, des amateurs et des écoles : Ameublement, armurerie, bijouterie, broderie, carrosserie, ciselure, costume, coutellerie, damasquinerie, dentelles, émaillerie, faïences, joaillerie, miniature, mosaïque, orfèvrerie, porcelaine, poterie, sculpture sur bois et sur ivoire, serrurerie, tapisserie, tissus, vitrerie, vitraux

Auteur(s) : ROUAIX paul

 Paris, à la Librairie illustrée, 7 rue du croissant
 première édition
  pas date indiquée, sans doute vers 1885
 1 vol (VII-1042 p.)
 In-octavo
 demi-basane rouge, dos lisse avec fils dorés
 541 gravures en noir et blanc, planche illustrée en frontispice, plans, bandeaux décoratif, cul-de-lampe


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Nous savons de Paul ROUAIX qu’il est né aux alentours de 1850, mais la date de sa mort demeure inconnue. Écrivain polyvalent, il a été tour à tour romancier, critique d’art, grammairien et linguiste. C’est cette dernière activité qui lui assure aujourd’hui une certaine postérité. Reprenant et approfondissant les travaux lexicographiques de ROGET et de Prudence BOISSIÈRE, il rédige un Dictionnaire manuel illustré des idées suggérées par les mots qui paraît en 1897. Ce dictionnaire analogique regroupant les mots autour d’une idée continue à être constamment réédité jusqu’à nos jours, parfois sous le titre Trouver le mot juste. Cet ouvrage rencontre depuis sa sortie en France et en Europe un grand succès, au point même d’être mondialement imité.

Son autre activité de critique et d’historien de l’art se traduit par nombreuses publications sur le sujet, dont ce Dictionnaire des arts décoratifs qui semble bien être sa première grande publication, dont on situe habituellement la parution aux alentours de 1885. Bien que rendant hommage aux travaux sur la période médiévale de VIOLLET-le-DUC, l’auteur estime qu’il manque un dictionnaire complet des arts décoratifs : « Nous voyons beaucoup de dictionnaires d’arts de manufactures ou d’arts industriels. Mais rédigés par des ingénieurs, ils s’occupent surtout, sinon uniquement, de la grande industrie, et non de l’art décoratif, ou du moins de ce qu’il y a de décoratif dans les arts industriels. » S’adressant au grand public, l’auteur vise aussi les “professionnels” (artisans, industriels, artistes), ainsi que les enseignants et les étudiants. Il incite ses lecteurs à revaloriser les arts décoratifs mésestimés par rapport aux beaux-arts. Il juge que cette défaveur est d’autant plus injuste que l’âge industriel en favorise comme jamais la diffusion dans des couches de plus en plus larges de la société.

Pour ROUAIX, un des symptômes les plus évidents de ce désintérêt est l’absence en France d’un véritable musée des arts décoratifs et industriels, à l’instar de ceux existant en Grande-Bretagne et en Allemagne où ces institutions constituent en même temps des centres d’études ouverts sur le présent. En Angleterre, le mouvement Arts & Crafts est alors en pleine expansion et fait le lien entre art, artisanat et industrie. Pour le cas français, ROUAIX regrette que le Conservatoire des arts et métiers soit avant tout une école d’ingénieurs et que l’éducation artistique n’y soit pas privilégiée. Il déplore que, à une époque où la qualité et le savoir-faire des artisans français se voient internationalement reconnus, la production nationale continue à stagner à un niveau qu’il juge médiocre. ROUAIX résume ainsi le nœud du problème : « Le fabricant, qui est marchand, est obligé de suivre le public dans ses gouts, même mauvais. Là est le mal. Et le remède est dans une éducation du goût du public dans les choses de l’art décoratif. Éducation qui a beaucoup à faire quand on songe que les jeunes gens passent leur baccalauréat sans même qu’une seule petite épreuve de dessin ne leur soit imposée ! » Le tableau que ROUAIX dresse ici pèche quand même par pessimisme, car il n’est pas isolé dans sa quête, et dès 1882 une Union nationale des arts décoratifs est fondée à Paris. Soulignons enfin que la création du musée des Arts décoratifs qu’il appelait de ses vœux verra enfin le jour à Paris en 1905 dans l’aile Marsan du Palais de Louvre.

Pédagogique dans sa forme et riche d’une belle iconographie, ce dictionnaire se veut à la fois critique et historique grâce au rappel de l’évolution des styles et des grandes étapes chronologiques. On y trouve aussi bien les termes techniques et artistiques que la description de collections, des notices sur des artistes, des meubles et une foule d’objets divers allant des chenêts à la chaise à porteurs en passant par l’œuf d’autruche, le peigne ou les perles. Certains objets nous semblent aujourd’hui bien insolites comme la crapaudine utilisée pour les “essais”, c’est-à-dire destinée à tester les plats afin de vérifier s’ils sont empoisonnés, et la poire d’angoisse, un instrument de torture. À l’article Marques, un grand tableau présente 443 signatures d’artisans et de manufactures.

En fin d’ouvrage, une table des matières sous forme de thésaurus permet au lecteur de retrouver les articles se rapportant à un thème commun.

Pour conclure, on peut noter que les souhaits de ROUAIX finiront par se concrétiser, la France devenant, au tournant du siècle, un des principaux foyers de l’art nouveau.



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