Théologie, Religion, Catholicisme

Dictionnaire de théologie

extrait de l'Encyclopédie méthodique

Auteur(s) : BERGIER Nicolas Sylvestre

 à Toulouse, chez Auguste GAUDE, libraire, rue saint Rome, n°30, Jean-Mathieu DOULADOURE, imprimeur-libraire, même rue, n°41
 édition augmentée de toutes les articles renvoyées aux autres parties de l'Encyclopédie (la première édition date de 1788)
  1817
 8 vol (4532 pages au total)
 In-octavo
 cuir fauve, dos lisse ornén titre et tomaison en maroquin rouge
 allégorie de la foi chrétienne sur la page de titre, bandeau allégorique reprenant le même motif central au début du tome 1


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Théologien et écrivain prolifique, Nicolas-Sylvestre BERGIER est le rédacteur de ce Dictionnaire de théologie, publié à l’origine en trois volumes échelonnés entre 1788 et 1790. Ce dictionnaire est à l’origine intégré comme “dictionnaire de théologie” dans l’Encyclopédie méthodique dirigée par Charles-Joseph PANCKOUCKE, laquelle restera, sans conteste, l’une des plus considérables réalisations éditoriales de son temps.

Sollicité dès 1780, l’abbé BERGIER participe à l’aventure, mais ce choix soulève, dès l’origine, des interrogations, car ses positions antiphilosophiques sont bien affirmées et il est difficile de l’imaginer a priori favorable à l’esprit encyclopédique. Connu pour ses ouvrages consacrés à la lutte contre l’athéisme, le déisme et l’impiété, BERGIER est un représentant de premier ordre d’un mouvement intellectuel à la fois adversaire des Lumières et d’une philosophie chrétienne engagée : l’apologétique catholique. Cette école de pensée mobilise de nombreux écrivains et ecclésiastiques qui entendent combattre les nouvelles idées et défendre la religion en utilisant les méthodes, la dialectique et la rhétorique des philosophes. BERGIER a déjà à son actif une riche production littéraire et, comme polémiste, il a déjà fait ses armes contre VOLTAIRE, ROUSSEAU ou encore le baron d’HOLBACH.

Quoi qu’il en soit, personne ne songe à nier son expertise en matière de théologie. On peut voir aussi dans ce choix un moyen pour PANCKOUCKE de garantir à l’entreprise une caution morale et d’éviter le déchaînement de la censure. On remarque d’ailleurs que, de leur côté, les Encyclopédistes font également appel, pour traiter les sujets religieux, à un théologien lui-même plutôt orthodoxe : Edme-François MALLET. Intellectuel brillant et érudit, respecté même par ses adversaires. BERGIER est également bien en cour, car il est le confesseur d’ADÉLAÏDE de France, et il sera, des années plus tard, celui du comte de Provence, le futur LOUIS XVIII, comme le rappelle la page de titre : « Chanoine de l’église de Paris et confesseur de Monsieur, frère du roi. »

Le texte d’origine comprend de multiples renvois — en particulier à un Dictionnaire de jurisprudence ecclésiastique — qui sont intégrés dans cette version et signalés par un petit symbole en forme de main (voir par exemple les articles archevêque ou archidiacre). BERGIER défend avec ardeur la foi catholique, ainsi qu’en témoigne son hostilité affichée à l’Édit de tolérance de 1787 visant les protestants. Pour autant il adopte également certains points de vue plutôt “progressistes”, en particulier pour ce qui concerne la notion de salut qu’il juge trop restrictive.

Il n’est pas non plus exempt de contradictions, comme le démontre l’article femme. En effet, s’il promeut l’égalité de la femme devant Dieu et ne la résume pas au péché originel, il acte en même temps sa sujétion sociale et sa dépendance naturelle vis-à-vis de l’homme. De même, BERGIER dénonce l’esclavage des Noirs, mais il ne va pas au-delà d’une condamnation de principe, d’autant qu’il relativise celui pratiqué par certains acteurs de l’Ancien Testament. Ce Dictionnaire de théologie connaît un grand succès, et il sera régulièrement réédité et augmenté, en particulier par Thomas GOUSSET, au cours du XIXe siècle. Une table analytique figure en fin de tome 8.



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