Phrénologie, psychologie, anatomie

Dictionnaire de Phrénologie et de physiognomonie

à l'usage des artistes, des gens du monde, des instituteurs, des pères de famille, des jurés, etc.

Auteur(s) : THORE Théophile (dit THORE-BURGER Théophile)

 Paris, à la Librairie usuelle, rue neuve-saint-marc, 4
 édition originale
  1836
 1 vol (448 p.)
 In-douze
 demi-veau, dos lisse avec quelques dorures
 illustrations en noir et blanc, la page de titre indique "avec des gravures sur bois, intercalées dans le texte", 1 planche non paginée Nomenclature et topographie d'après SPURZHEIM et M. DUMOUTIER, vignette sur la page de titre représentant un visage de profil


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Ce dictionnaire constitue une tentative de synthèse entre deux théories anthropologiques “pseudo-scientifiques” qui voient le jour au début du XIXe siècle. En premier lieu, la PHRÉNOLOGIE qui domine clairement le propos dans cet ouvrage. Théorisée par Franz-Joseph GALL, développée par Johann Gaspar SPURZHEIM et Pierre Marie Alexandre DUMOUTIER, tous abondamment cités dans le dictionnaire, la phrénologie entend déterminer le caractère d’un individu en se basant sur la forme de son crâne. Théophile THORÉ fusionne d’emblée cette “science” à sa cousine directe, la PHYSIOGNOMONIE, développée antérieurement par le suisse Johann Kaspar LAVATER. Ce dernier aspire à déduire le caractère et la personnalité de chacun d’après l’analyse des traits de son visage.

Républicain convaincu, journaliste engagé et critique d’art reconnu, Théophile THORÉ voit dans la phrénologie et la physiognomonie la base d’une science universaliste “laïque” tournée vers l’égalité et l’unité des hommes. Le préambule l’affirme sans ambages : « La phrénologie est la science de l’homme au point de vue de l’unité (NB : en opposition avec la dualité héritée du christianisme)… [elle] est l’annonce d’une anthropologie panthéistique. C’est pourquoi l’auteur de ce livre croit à la phrénologie. Il pense qu’il ne faut pas être révolutionnaire à demi, qu’il faut avoir la logique de protester à la fois contre tout le passé, en religion, en morale, en politique, en science, en art. Car les révolutions sont solidaires. »

On apprend ainsi que l’“affectionivité” (faculté d’amitié, d’attachement, de tendresse) réside dans la partie du cerveau située entre la “philogéniture” (l’amour pour sa progéniture), l’“approbabivité” (le désir de plaire), l’“habitativité” (l’amour du domicile conjugal) et la circonspection.

Les articles sont illustrés de schémas du cerveau, de dessins analytiques du profil ou des expressions faciales. Pour les personnages historiques cités en exemple, les analyses s’appuient sur des textes littéraires, des portraits ou des sculptures. Ainsi les bustes et portraits de NÉRON, Catherine de MÉDICIS, CALIGULA et CHARLES IX sont cités, car ils présentent une bosse sur la base du crâne, caractéristique de la “destructivité”, instinct carnassier qui, surdimensionné, engendre le goût du meurtre et de la cruauté.

On peut expliquer la mention sur la page de titre “aux jurés”, par le principe qui permettrait de définir le profil du criminel par la forme de son crâne et son visage. Cette théorie sera développée “scientifiquement” par la suite par le fameux Cesare LOMBROSO.

Une table des matières clôt l’ouvrage.



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