Histoire de France, Histoire

Dictionnaire de l’art de vérifier les dates

des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monumens, depuis la naissance de Notre-Seigneur jusqu'à l'année 1750. Par le moyen d'une Table chronologique où l'on trouve : les Olympiades, les années de Jésus-Christ, des ères d'Alexandrie et de Constantinople, de l'ère des Séleucides, de l'ère césaréenne d'Antioche, de l'ère d'Espagne, de l'ère des Martyrs, de l'Hégire ; les Indictions, le Cycle pascal, les Cycles solaire et lunaire, le Terme Pascal, les Pâques de chaque années & les épactes. Avec deux calendriers perpétuels. La chronologie historique des Conciles, des Papes, des quatre Patriarches d'Orient, des Empereurs Romains, Grecs ; des Califes, des rois des Parthes, des Perses, des Huns, des Vandales, des Goths, des Lombards, des Bulgares, de Jérusalem, de Chypre, des princes d'Antioche, des comtes de Tripoli, des sultans d'Iconium, d'Alep, de Damas ; des Empereurs Ottomans, des Schahs de Perse, des Grands-maîtres de Malte, du Temple, de l'Ordre Teutonique ; des empereurs François, Allemands; des six électeurs laïques de l'Empire; des rois de Hongrie, de Pologne, de Danemark, de Suède ; des Czars de Russie ; des rois de France, des grands vassaux de cette Couronne ; des rois d'Angleterre, d'Ecosse, de Portugal, des souverains d'Italie, etc.

Auteur(s) : MIGNE Jacques-Paul, CLEMENCET Charles, CLEMENT François

 à Paris, s'imprime et se vend chez J.-P. MIGNE, éditeur, aux Ateliers catholiques, rue d'Amboise, au Petit Montrouge, barrière d'Enfer de Paris
 nouvelle édition, d'après des religieux bénédictins de la congrégation de S. Maur (ouvrage initialement publié en 1750 et réédité en 1770)
  1854
 1 vol (1160), numérotation par colonne (deux par page)
 In-quarto
 demi-veau, dos lisse ornés de dorures


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Arrivé à Paris en 1833, l’abbé MIGNE, prêtre énergique, ultramontain et défenseur intransigeant du catholicisme, se consacre d’abord au journalisme et crée L’univers religieux, périodique qui va perdurer sous le titre de L’univers jusqu’en 1919. Au bout de quelques années, il abandonne la direction du journal pour se consacrer à son grand projet : réimprimer à coût réduit les ouvrages-phares de la science ecclésiastique. Il ambitionne ainsi de reconstituer, à partir d’ouvrages rédigés par des membres du clergé ou par des intellectuels chrétiens, une véritable encyclopédie catholique accessible au plus grand nombre, et dans laquelle on traite aussi bien de paléographie, de botanique, de géographie, que de patrologie, de la Bible ou de la liturgie. Pour cette entreprise, il peut compter sur l’assistance de moines bénédictins, en particulier de dom PITRA. Afin de mener à bien ce projet éditorial, l’abbé MIGNE fait construire une gigantesque imprimerie sur un terrain du Petit-Montrouge : les Ateliers catholiques. Cette véritable usine abrite près de cinq presses à vapeur, un atelier de fonderie de caractères et emploie, à son apogée, jusqu’à six cents personnes. La production est considérable, de sorte que les collections et séries paraissent souvent simultanément, sans ordre logique.

Le Dictionnaire de l’art de vérifier les dates, présenté ici, s’intègre en fait à un ensemble beaucoup plus vaste : l’Encyclopédie théologique ou Série de dictionnaires sur toutes les parties de la science religieuse. Publiée en trois séries à partir de 1844, elle comprend au final, en 1866, près de 170 volumes. Une première page de titre, comprenant le titre d’ensemble, rappelle qu’il s’agit ici du tome quarante-neuf de la deuxième série. MIGNE n’est en rien l’auteur de ses publications et, en référence à sa prolifique production, un écrivain l’a même qualifié de “plagiaire de Dieu”.

Déjà œuvre d’un groupe de religieux de la congrégation de Saint-Maur, l’Art de vérifier les dates est initialement publié sous l’impulsion de Charles CLEMENCET en 1750, puis révisé en 1770 par dom François CLÉMENT. Il est par la suite remanié et prolongé en 1818 par Jean-Baptiste de COURCELLES et Nicolas VITON de SAINTALLAIS. Cet ouvrage ne constitue pas, à proprement parler, un dictionnaire, mais plutôt un recueil comprenant des calendriers, un glossaire, des listes de souverains avec de courtes biographies (papes, consuls, rois, etc.) et des chronologies. De ce fait, il s’apparente plus à une compilation de culture générale. Notons qu’en 1851 MIGNE a déjà publié, dans la même série, un Dictionnaire de statistique religieuse et de l’art de vérifier les dates dû à Louis de MAS LATRIE, présenté dans la préface comme le « complément nécessaire » de ce dictionnaire.

Son importante production vaudra à MIGNE d’être accusé de concurrence déloyale par les imprimeurs officiellement accrédités par les Églises, qui dénonçaient un détournement de clientèle. Son évêque, lui reprochant son militantisme ultramontain, va jusqu’à lui interdire de dire la messe. Le pape Pie IX le sanctionne pour avoir mis à la disposition du plus grand nombre des textes habituellement accessibles à un « public plus averti », et il interdit au clergé d’utiliser les fonds paroissiaux pour acheter les ouvrages édités par l’abbé MIGNE. Celui-ci voit son œuvre brutalement interrompue le 12 février 1868 par un terrible incendie qui ravage totalement son imprimerie. En procès avec les compagnies d’assurances jusqu’à la fin de sa vie, il ne pourra reprendre son activité.



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