Histoire de l'art, Brocante, Collections

Dictionnaire de l’Art, de la curiosité et du bibelot

Auteur(s) : BOSC Ernest

 à Paris, la librairie de FIRMIN-DIDOT et cie, imprimeurs-libraires de l'Institut de France, rue Jacob, 56
 édition originale
  1883
 1 vol (XVI-695 p.)
 In-octavo
 demi-basane rouge, dos à quatre nerfs, caisssons ornés, filet et titre dorés
 vignette sur la page de titre représentant l'Institut de France (marque de l'éditeur), 709 figures en noir et blanc dans le texte, 35 planches hors-texte, 4 chromolithographies hors-texte


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Auteur touche-à-tout, versé dans l’ésotérisme et les sciences occultes, Ernest BOSC, en raison de la nature des thèmes qu’il aborde, fait l’objet de nombreuses critiques voire de moqueries de la part de ses contemporains. Il est pourtant architecte de formation et inspecteur des travaux publics. D’entrée, il précise que son dictionnaire n’est consacré qu’aux arts plastiques et aux dessins, « c’est-à-dire des arts ayant une forme palpable », définition très large qui inclut aussi bien les armes, les tissus, l’orfèvrerie que la céramique.

Les termes de “curiosité” et “bibelot” du titre englobent l’ensemble des objets d’une certaine valeur esthétique et artisanale susceptibles de devenir objets de collection. Chaque article donne sur l’objet une définition, un bref historique parsemé d’anecdotes, des rappels sur sa “technologie”, mais également les prix enregistrés dans des ventes importantes. L’ouvrage se veut un guide destiné à aider les collectionneurs dans leurs démarches pour leur éviter contrefaçons et filouteries. Mais cet inventaire éclectique constitue aussi un petit manuel de culture générale. On y traite tout à la fois de l’abra, ancienne monnaie des rois de Pologne, de l’acier, des aquamaniles, des jeux d’échecs, des bas-reliefs, des arbalètes ou des zouggarahs, instruments de musique arabe.

La préface retrace l’histoire des collections et des collectionneurs depuis l’Antiquité. Elle s’attarde sur l’époque romaine et témoigne de la passion des collectionneurs au XIXe siècle, non sans formuler quelques critiques : « On collectionne tout aujourd’hui et, indépendamment des marchands de curiosités, le grand marché parisien de la rue Drouot permet à quiconque a un peu d’argent et de goût de pouvoir se monter en quelques jours un musée. Du reste nos collectionneurs sont si divers dans leurs préférences que des industriels, toujours à l’affût de bonnes affaires, n’hésitent pas à dépecer des châteaux pour en revendre les morceaux. »

Tout en reconnaissant la qualité des illustrations et de certains articles, Henri de CURZON écrit  : « Il y a très peu d’articles traités à fond et beaucoup d’écourtés et d’inutiles… [l’auteur] aurait pu sacrifier bien des points secondaires à l’étude spéciale et approfondir des branches capitales de toute collection sérieuse » (voir la critique complète). En réaction, BOSC publie, vers 1885, une plaquette d’une soixantaine de pages, sous la forme d’une revue de presse commentée, pour répondre aux attaques dont il est l’objet. On doit lui reconnaître une prédilection pour le sujet et une indéniable culture historique et artistique, comme en témoigne son Dictionnaire général de l’archéologie et des antiquités chez les divers peuples qu’il avait déjà publié en 1881.

À la suite du dictionnaire figure une intéressante liste des principaux collectionneurs du XIXe siècle en France et à l’étranger. On y retrouve par exemple les noms de CERNUSCHI, de GUIMET et du duc d’AUMALE dont les collections deviendront la base de futurs musées. En fin d’ouvrage est insérée une table analytique et synoptique regroupant les termes cités par grandes catégories (arts, armes, bijoux, céramiques, instruments de musique…).



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