Botanique

Dictionnaire de botanique pratique

Auteur(s) : HOEFER Jean-Chrétien-Ferdinand

 Paris, librairie de FIRMIN DIDOT, frères, fils et Cie, imprimeur de l'Institut, rue Jacob, 56
 seconde édition (la première date de 1850)
  1860
 1 vol (III-726 p.)
 In-douze
 demi-basane brune, dos à quatre nerfs, caissons ornés de motifs dorés


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Né en Allemagne en 1811, le jeune Johann Christian Ferdinand HOEFER se destine à devenir pasteur. À l’issue de ses études secondaires, après avoir voyagé à pied à travers l’Allemagne, la Belgique, la Hollande et la France, il arrive à Lille en 1830. À court de ressources et n’étant plus attiré par la carrière ecclésiastique, il s’engage dans le régiment de Hohenlohe, assimilable à la future Légion étrangère, au sein duquel il participe à l’expédition de Morée. En 1831, une fois son régiment dissous, il revient en France et devient enseignant de collège dans plusieurs établissements.

HOEFER est sollicité pour traduire en français la Critique de la raison pure de KANT pour le compte de Victor COUSIN, philosophe et homme politique influent dont il devient le secrétaire particulier jusqu’en 1836. Dans le même temps, il participe à de nombreux périodiques, collabore à plusieurs publications et passe une thèse de médecine. Le gouvernement français le charge de rédiger des rapports sur l’enseignement de la médecine et de l’économie rurale en Allemagne. Décoré de la Légion d’honneur en 1846, il obtient la nationalité française en 1848, son nom se trouvant dès lors francisé en Jean-Chrétien-Ferdinand HOEFER. En 1851, la maison d’édition Firmin Didot frères le charge d’élaborer un dictionnaire biographique pour concurrencer la Biographie universelle de Louis-Gabriel MICHAUD. Ce dernier intente en vain un procès pour plagiat, procédure qui n’empêche pas les 46 tomes de la Nouvelle Biographie universelle de paraître entre 1852 et 1866.

Accaparé par la réalisation de cet imposant ouvrage, notre homme n’en publie pas moins un grand nombre de livres traitant de sujets variés, comme la géographie, la physique, la chimie, la médecine, l’histoire des sciences et les sciences naturelles. C’est ainsi qu’en 1850 il publie, toujours chez Firmin Didot, un Dictionnaire de botanique pratique, qui est réédité en 1860 dans la version présentée ici.

La botanique a fait l’objet de traités et de synthèses depuis l’Antiquité. Définie comme la science du monde végétal, englobant l’agronomie et l’herboristerie, elle trouvait ses applications aussi bien dans l’agriculture et la pharmacologie que dans l’industrie. En Occident, la botanique est progressivement devenue une science autonome à la fin du Moyen Âge. Les voyages, la création de jardins conservatoires et les progrès scientifiques ont permis de référencer et d’étudier un nombre de plus en plus important de végétaux. Dans le but d’en ordonner l’ensemble et de fournir des outils systémiques universels pour les décrire et établir des nomenclatures, des classifications ont été élaborées ; les plus célèbres étant celles de Carl von LINNÉ et d’Augustin Pyrame de CANDOLLE.

Mais HOEFER ne semble guère goûter le “jargon” technique qui, selon lui, nuit à la beauté intrinsèque de cette science et, de surcroît, décourage les profanes et les amateurs :  “La botanique serait la plus belle des sciences si les botanistes n’en avaient pas fait une aride et rebutante nomenclature ; tout le monde voudrait l’apprendre si elle s’adressait moins à la mémoire qu’à l’intelligence.” L’auteur se veut au contraire un vulgarisateur, prônant “une forme à la fois plus attrayante et plus littéraire”.

Si au départ HOEFER n’a pour seule ambition que de se limiter à l’organographie, la physiologie et la description des principales espèces, il finit par opter pour un ouvrage plus complet : un guide pratique de botanique mais aussi d’horticulture. D’ailleurs, l’auteur le confesse en introduction : “Nous avons consacré plus d’espace aux plantes utiles qu’à celles qui n’ont pas encore reçu d’application.” Les champignons et les lichens n’ont pas été oubliés dans cet inventaire.

Outre les descriptions détaillées des plantes, leurs noms scientifiques en latin sont systématiquement mentionnés, et certaines d’entre elles justifient des développements sur leur étymologie, l’histoire de leur découverte, leur diffusion et leur mode de culture. Si l’auteur met l’accent sur les “plantes indigènes, du moins celles qui croissent près de Paris”, il ne néglige pas pour autant les espèces exotiques comme le giroflier, le caféier, le cannelier ou encore le thé. À l’occasion, il complète son propos en indiquant des recettes ou des préparations culinaires.

Jusqu’à sa mort, en 1878, HOEFER continuera à rédiger des publications sur son sujet favori : l’histoire des sciences. Quant à la science botanique, elle ne cessera de connaître de grandes avancées, en particulier dans le domaine de la taxinomie, avec la classification de BENTHAM et HOOKER,  puis le système élaboré par Adolf ENGLER.

Exemples d’articles :

CANNABIS : L’odeur du chanvre est très forte, enivrante, narcotique ; elle agit si puissamment sur nos organes qu’il suffit de s’arrêter quelque temps dans le voisinage d’une chènevière pour en éprouver les mauvais effets, des éblouissements, des vertiges, une sorte d’ivresse. Loin d’être rebutés par ses qualités vireuses, les Orientaux font avec ses feuilles, et même avec ses fleurs et ses graines, souvent jointes à d’autres substances, des poudres, des pastilles, des breuvages exhilarants, aphrodisiaques, qui les jettent dans une sorte d’extase pareille à celle qu’ils se procurent par l’usage de l’opium, mais dont l’effet le plus certain est le délire, l’hébètement, la consomption et la mort, pour peu qu’on en continue l’usage.

HYDNUM : Genre de champignon, voisin du bolet. La surface inférieure du chapeau est tapissée de pointes ou d’aiguillons, cylindriques ou coniques. Consistance coriace, charnue ou membraneuse ; chapeau pédicellé ou sessile. L’h. imbricatum, L. (h. cervinum. Pers., hirsch-schwamm des Allemands), a le chapeau couleur d’ombre, floconneux : pointes ou dents d’un gris cendré, qui s’enlèvent facilement ; pédicelle court, épais. Il croît dans les forêts de pins et de sapins, il est très commun dans les montagnes de la Thuringe, où on le mange apprêté avec du vinaigre. — L’hydne sinueux (hydnum repandum. Unn.) est connu, dans quelques cantons, sous le nom de rignoche. Les gens de la campagne le mangent cuit sur le gril avec du beurre frais, du sel, du poivre et des fines herbes. Il est blanc, d’une chair ferme et cassante ; son chapeau convexe, garni en dessous de pointes cylindriques, porté par un pédicule gros et court ; il croît sur la terre. On prétend encore que l’hydne hérisson (hydnum erinaceum, Bul.,) est recherché comme comestible dans les Vosges. Il est très grand, d’abord blanc puis jaunâtre, muni d’aiguillons minces qui pendent par étages perpendiculairement : sa consistance est tendre et charnue. On le trouve sur les vieux chênes.



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