Humour

Dico franco-loufoque

Auteur(s) : DAC Pierre, PESSIS Jacques

 Paris, Librio-Flammarion
 nouvelle édition (la première date de 1996)
  1999
 1 vol (151 p.)
 In-seize
 carton souple


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Né André ISAAC, Pierre DAC commence sa carrière de satiriste en 1938 en fondant un journal parodique, un hebdomadaire qui se présente comme “l’organe officiel des loufoques”. Ce terme, synonyme de fou, est tiré du louchébem, l’argot du boucher, profession qu’exerçait son père. Après la Seconde Guerre mondiale – durant laquelle il sera speaker à Radio Londres -, il monte des spectacles humoristiques qui rencontrent un grand succès. À partir de 1950, il forme, avec le comédien Francis BLANCHE, un duo mythique qui va conquérir le public, aussi bien sur scène qu’à la radio puis à la télévision. Maître du calembour et du jeu de mots de type rabelaisien, DAC joue également au trublion en créant un parti politique fantaisiste : le Mouvement Ondulatoire Unifié – le MOU, dont l’immortel slogan sera : “Les temps sont durs, votez mou !” Il évoquera même un temps la possibilité de se présenter aux élections présidentielles de 1965, avant de justifier son retrait par ces mots : “Je viens de constater que Jean-Louis Tixier-Vignancour briguait, lui aussi, mais au nom de l’extrême droite, la magistrature suprême. Il y a donc désormais, dans cette bataille, plus loufoque que moi. Je n’ai aucune chance et je préfère renoncer !”

Aisément reconnaissable par un phrasé à la fois docte, gouailleur et amusé, celui à qui nous devons l’invention du fameux “Schmilblick” s’éteint à Paris en février 1975. Pour les amateurs d’humour absurde et de canulars, il demeurera un modèle, qui inspirera de nombreux humoristes tels que Raymond DEVOS, Pierre DESPROGES et COLUCHE.

Né en 1950, Jacques PESSIS est à la fois le neveu adoptif de Pierre DAC et son légataire universel. Journaliste, écrivain et biographe de nombreux artistes, il n’aura de cesse, après la mort de son mentor, de faire connaître son œuvre à travers des conférences, des interventions télévisées et radiophoniques, des spectacles et des ouvrages, dont un livre-hommage intitulé Pierre Dac, mon maître soixante-trois. Afin de diffuser plus largement la “substantifique moelle de son œuvre”, il réalise une anthologie pour Librio, la collection de poche à prix très modique de Flammarion. L’ouvrage, présenté ici, est organisé sous forme d’abécédaire avec des entrées telles que : Isidore Paudemurge, Du côté d’ailleurs, Grandes Petites Annonces, Os à moelle, Femmes, etc. Publié en 1996 sous le titre Dico franco-loufoque, il sera réédité en 1999.

Au fil des 150 pages, le lecteur est invité à découvrir ou redécouvrir les multiples facettes d’un humour décalé, délirant, parfois caustique mais le plus souvent bon enfant. C’est ainsi qu’il est possible de se plonger, entre autres, dans une version pour le moins originale de Phèdre, une analyse farfelue de la cuisine anglaise et l’histoire de la confiture de nouilles, des chansonnettes,  un polar atypique, la parodie d’un poème de Victor HUGO, la vie édifiante de Mordicus, fondateur de l’école éthylique d’Athènes et, bien sûr, le sketch culte du yogi clairvoyant Sâr Rabindranath Duval.

Le Dico franco-loufoque revient également sur la période de la Seconde Guerre mondiale. Farouchement antinazi, DAC décrit ainsi Adolf HITLER : “Signe particulier : tend toujours la main, comme pour voir s’il pleut ; signe spécial : le seul le rapprochant un peu d’un être humain”, et tente de rejoindre DE GAULLE à Londres. Après plusieurs tentatives et une longue incarcération en Espagne, il rejoint la France libre en octobre 1943 et intervient à la radio. PESSIS intègre dans ce recueil le duel à distance qui a opposé DAC au collaborateur Philippe HENRIOT, qui l’attaquait sur ses origines juives.

Pour terminer sur ce “dictionnaire-florilège”, nous ne résistons pas à citer quelques-uns des éléments que les auditeurs du Poste parisien étaient supposés ramener pour gagner la Course au trésor, un jour de novembre 1937 : “1.Un chapelet de saucisses bénites agrémenté d’un rosaire de fruits confits en dévotion autour du cou. 2. Une hallebarde de Suisse d’Église dans la main gauche et un plat de lentilles farcies de bortsch dans la droite (…) 8. Un rosbif tenu en laisse. 9. Un hareng saur dans une chaise à porteurs. 10. Un poisson rouge dans un bocal de vin blanc.”

Extraits

Le Schmilblick

  • L’un des principaux éléments du Schmilblick est la papsouille à turole d’admission, qui laisse passer un certain volume de laplaxmol, lequel, comme nul ne l’ignore, n’est autre qu’un combiné à l’état pur de smitmuphre à l’état pur et de roustimalabémol sulsiphoré. Le laplaxmol, après avoir été soumis à un courant plyfoisé de 2000 spickmocks exactement – moins, ce ne serait pas assez, plus, ce serait trop -, se transforme alors en troufinium filtrant, non pas à l’état métalbornique, ce qui serait non seulement ridicule mais encore totalement inopérant, mais bel et bien à l’état guilmanuré, d’où formation de gildoplate de raboninite, élément neuromoteur et fondamental du Schmilblick.

Petites annonces

– Céderait bombe à retardement. Très urgent !

– À vendre : jolie collection de pots-de-vin. S’adresser à n’importe qui. Hôtel de ville. Paris

-Idiot cherche village

-Lécheur de bottes se met à la disposition de personnalités ou, à défaut, de va-nu-pied

Faux messages personnels de la BBC

– L’alexandrin a mal aux pieds.

– Le virage est à angle droit.

– La parole est à la dépense.

– La table d’écoute est bien garnie



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