Civilisation celtique, Gaulois, Histoire de l antiquité, Langue gauloise

De prisca celtopaedia libri quinque

quibus admiranda priscorum Gallorum doctrina et eruditio ostenditur, necnon literas prius in Gallia fuisse, quam vel in Graecia vel in Italia : simulque Graecos nedum Latinos scientiam a priscis Gallis (quos vel ab ipso Noachi tempore Graecè philosophatos constat) habuisse. Ad Humbertum a Plateria, campaniae proregem et alexiae praefectum

Auteur(s) : PICARD Jean (dit PICARD de Toutry)

 à Paris, imprimeur Mathieu DAVID, rue des amandiers, à l'enseigne de la Vérité (Parisiis ex typographia Matthæi Davidis, via Amygdalina, ad Veritatis insigne)
 édition originale
  1556
 1 vol (250 p.)
 In-quarto
 demi-veau et papier marbré, dos lisse avec petites dorures, pièce de titre en maroquin rouge
 marque de l'imprimeur sur la page de titre, lettres ornées, bandeaux décoratifs


Plus d'informations sur cet ouvrage :

De Jean PICARD, nous ne connaissons que son lieu de naissance : le village de Toutry en Bourgogne. Son ouvrage s’intègre dans un courant intellectuel de la Renaissance souvent méconnu qui prône le développement du sentiment national et le renouveau de l’Antiquité. Centré sur la redécouverte des peuples celtiques et sur la civilisation gauloise, cette “celtomanie” cherche à affirmer le génie propre du peuple gaulois vu comme un peuple originel antérieur aux métissages gréco-romain et germanique.

Amorcé dès 1487 par Paul ÉMILE et son Antiquité de la Gaule, cet engouement trouve une justification “historique” dans l’Antiquitatum variarum, texte publié en 1498 par ANNIUS de VITERBE. Ce dernier prétendait en particulier s’appuyer sur les textes de BÉROSE (en fait, il s’agissait d’une imposture) et citait une généalogie de rois des Gaules (dont GALATES, LUGDUS, BELGUS, etc.) remontant en voie directe à SAMOTHES, fils de JAPHET et petit-fils de NOÉ.

S’inspirant de ce texte, Jean LEMAIRE de BELGES faisait paraître en 1511 une Illustration de Gaule et singularité de Troie, dans laquelle il entendait démontrer que les Gaulois, passés en Asie Mineure, avaient fondé la ville de Troie. De fait un peuple celtique, les Galates, avait réellement existé dans cette zone géographique, mais à une date bien plus récente. Beaucoup de peuples, tels les Francs, les Bretons ou les Romains, revendiquaient une ascendance troyenne, mais les Gaulois, de par leur antériorité, pouvaient légitimement apparaître comme les véritables fondateurs de la civilisation européenne.

Reprenant cette théorie dans son De prisca celtopædia, PICARD (ou Joannes PICARDUS Toutrerianus) s’appuie sur l’étymologie pour rechercher, souvent de manière plus ou moins fantaisiste, des parentés linguistiques entre le grec et le français à une époque où le concept de langues indo-européennes n’est pas encore établi. Il tente par ce biais de démontrer, ni plus ni moins, que les Gaulois ont à un moment ou un autre “colonisé” la Grèce. Dans le même esprit, il loue la poésie des bardes et fait l’éloge des druides dont il vante les connaissances en astronomie, en médecine, en mathématiques et en divination.

Même s’il faut remarquer qu’objectivement nous ne connaissons que peu de chose sur ces figures emblématiques du monde celte, PICARD en fait de véritables humanistes avant l’heure, à l’image des grands penseurs et artistes grecs et latins. De même, rejoignant en cela une théorie émise par Guillaume POSTEL, il estime que la religion gauloise, croyant en l’immortalité de l’âme et au jugement dernier, semblait annoncer l’avènement de la religion chrétienne.

Rédigé en latin, mais avec des mots et citations en grec et en français, De prisca celtopædia ne constitue pas un dictionnaire à proprement parler. Il s’agit plutôt d’un essai structuré en cinq parties, dont seule la quatrième présente un petit lexique alphabétique de mots grecs accompagnés de leurs équivalents en français et en latin. Un index figure en fin d’ouvrage.



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