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Cellarius françois (Le) | Frantzösische Cellarius (Der)

ou Méthode très facile pour aprendre sans peine & en peu de tems les mots les plus nécessaires de la Langue Françoise | oder Vortheilhafftes Worter-Buch, woraus die nöthigsten Wörter der Französischen Sprach ohne grosse Mühe und in kurzer Zeit zu erlernen sind. An das Licht gestellet

Auteur(s) : PLATS Georg Philipp

 bey Peter Conrad MONATH, Nürnberg,
 nouvelle édition
  1731
 1 vol (368 p.)
 In-douze
 veau, dos lisse, reliure simple sans écriture ni ornement
 cul-de-lampe


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Arrière petit-fils du latiniste Jacob KELLER, le premier dans cette famille d’érudits à avoir opté pour la forme latine de son nom, Christoph CELLARIUS poursuit de brillantes études dans plusieurs universités et devient très jeune un des grands érudits de son temps. En plus de ses vastes connaissances en droit, en théologie, en mathématique, il devient un spécialiste reconnu de langues anciennes, de langues orientales, de géographie, de philosophie et d’histoire. C’est à lui qu’est attribuée en particulier une division du passé en trois périodes : antique, médiévale et moderne.

Très sollicité, il assure des fonctions de recteur à la tête de plusieurs universités comme celles de Merseburg et de Halle.

Ses travaux historiques et géographiques le rendent célèbre en Europe, mais ne l’empêchent pas de porter un soin tout particulier à la philologie du latin. Jugeant que le niveau des études classiques laisse à désirer dans une Allemagne qui se relève à peine des ravages de la guerre de Trente Ans, il décide d’élaborer des outils pratiques, une grammaire, un manuel et des lexiques, pour faciliter l’enseignement du latin. Parmi ses créations se distingue un petit lexique latin-allemand intitulé Latinitatis probatae et exercitae liber memorialis dont la date de parution, variable selon les sources mais approximativement située entre 1684 et 1688, est sujette à caution. Le livre, pratique et concis, connaît un succès d’estime et servira de base à l’érudit hongrois Matyas BEL pour la rédaction d’un lexique latin-allemand-hongrois-bohémien.

À l’instar de Calepinus dont le nom a été substantivé en Calepin, Cellarius devient progressivement dans certains pays synonyme de lexique multilingue destiné à un large public. C’est dans ce contexte qu’en 1719 un dénommé Georg Philipp PLATS, parfois orthographié PLATZ, dont on ne connaît aucun détail biographique, publie un lexique allemand-français qu’il baptise Le Cellarius françois ; il s’agit de l’ouvrage ici présenté. Ce livre est édité par un libraire prestigieux de Nuremberg, célèbre pour ses publications sur l’astronomie et les mathématiques, Peter Conrad MONATH. Bien que son cursus nous soit inconnu aujourd’hui, il est probable que PLATS devait posséder un certaine renommée puisqu’en cette même année 1719 son nom figurait comme l’équivalent d’un éditeur scientifique sur la page de titre du Neuangeordnete Vollständige Haus und Land Bibliothec, nouvelle édition augmentée de l’encyclopédie d’Andreas GLOREZ.

Le Cellarius françois se présente sous la forme d’un lexique allégé, ne donnant ni définition ni exemple, et se contentant d’indiquer simplement l’équivalent allemand du mot français. PLATS, dans la lignée de CELLARIUS, recourt aux effets de typographie pour rendre son texte plus compréhensible. C’est ainsi que les termes latins et français sont en caractères romains, les termes dérivés en italique, et les mots allemands en caractère gothique. Dans le préambule, la graphie change selon l’origine d’un mot. Ainsi, pour retranscrire Conjugirens, la racine latine Conjugi est écrite en caractères romains, tandis que la terminaison germanique -rens est écrite en gothique.

Ce souci de mettre en valeur l’étymologie d’un mot transparaît dans la composition du livre. Certes l’ordre alphabétique reste de mise, mais l’auteur choisit de partir de mots principaux en les faisant suivre d’une liste de mots dérivés. Sous le mot Générer, on trouve les mots Génération, Générique et Général, Ingénieur ou Ingénu. Là où la chose se complique, c’est quand l’auteur choisit parfois de partir de la “racine” (Radice) du mot avant d’en lister les termes dérivés. Ainsi le terme Dam regroupe à sa suite Dommage, Dommageable, Damner, etc. De leur côté les mots Accident, Circoncire, décider, Occident sont réunis sous le terme “générique” Cider, qui, évoquant en latin l’idée de chute ou de soustraction, n’existe pas comme mot usuel en français. Idem pour Ciser d’où découle Ciseau, Ciseler, Incision. En raison de ce parti pris qui complique la consultation de l’ouvrage, l’auteur a rajouté un index en fin du livre.

À en juger par le nombre d’éditions, dont celle de 1731 ici présentée, Le Cellarius françois semble avoir connu un beau succès tout au long du XVIIIe siècle. Il est même complété par un second ouvrage, Introduction au vocabulaire, intitulé Le Cellarius françois (Einleitung zu dem also betitelten Wörter-Buch, der Französische Cellarius ). Le genre cellarius fera florès en Europe puisqu’on trouvera la trace en 1746 d’un cellarius en russe et en 1768 celle d’une version anglaise intitulée The English Cellarius or a Dictionary English and German.



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