Ancien régime, Noblesse, Equitation, Art militaire, Armée, Navigation, Marine

Arts de l’homme d’épée ou le Dictionnaire du gentilhomme (Les)

Première partie, contenant l'art de monter à cheval, expliqué avec une méthode exacte, par toutes les définitions & les phrases qui regardent le manège. on y trouve aussi le détail des maladies des chevaux | Seconde partie, contenant l'art militaire, expliqué avec une méthode exacte par toutes les définitions et les phrases qui regardent les parties d'un bataillon, celles d'une place de guerre, le détail des travaux qui servent à son attaque & à sa défense, & le rang, & les fonctions de tous officiers d'une armée. avec des exemples tirés des campagnes du roi | troisième partie concernant l'art de la navigation, expliqué par toutes les définitions & les phrases qui regardent les diverses espèces des bâtimens, les parties du vaisseau, le détail de la manœuvre, & les fonctions des officiers de la marine, & des officiers mariniers

Auteur(s) : GUILLET Georges (dit GUILLET de SAINT-GEORGES)

 à La Haye, chez Adrian MONTJENS, marchand libraire près de la cour, à la Librairie françoise
 cinquième édition (la première date de 1678)
  1686
 1 vol (527 p.)
 In-douze
 plein velin rigide, titre à l'encre sur le dos
 bandeaux décoratifs, lettres ornées, 3 planches dépliantes gravées représentant successivement un cavalier à cheval, une place fortifiée, un vaisseau


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Georges GUILLET de SAINT-GEORGES est lié au monde du théâtre et il est même probable qu’il ait été comédien. Il se fait d’abord connaître par ses récits de voyage et ses descriptions de la Grèce et de l’Orient, en prétendant qu’ils sont rédigés par son frère, un aventurier nommé LA GUILLETIÈRE, ancien soldat captif des Turcs pendant plusieurs années. L’authenticité de ces écrits est remise en cause dès 1678 par Jacob SPON qui dénonce une imposture basée sur la compilation de divers mémoires authentiques.

S’ensuivent plusieurs années de querelle entre les deux hommes, dans laquelle interviennent d’autres savants et écrivains de l’époque, tels que Pierre BAYLE, Antoine GALLAND ou François CHARPENTIER. GUILLET bénéficie de puissants soutiens, et la controverse tourne plutôt à son avantage. Cela ne l’empêche nullement d’être élu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1682, en tant qu’historiographe car il n’avait aucun talent artistique particulier. Pour l’anecdote, on peut noter une référence directe à cette polémique à la fin de la préface.

Depuis le Livre du courtisan publié en 1528, de nombreux auteurs se sont penchés sur l’éducation et la formation intellectuelle des gentilhommes, terme général qui comprend l’ensemble des nobles, mais également ceux qui aspirent à intégrer cette classe sociale, en particulier par le service de l’État, et tous ceux qui en épousent les codes et les valeurs.

GUILLET s’intéresse ici avant tout aux compétences techniques nécessaires pour parfaire la formation militaire et stratégique de “l’homme d’épée”, c’est-à-dire du noble en tant qu’homme de guerre accompli. Ce dictionnaire, ou plutôt, pour reprendre l’expression de son auteur, « ce grand amas de termes », est composé de trois parties distinctes : l’art de monter à cheval, l’art militaire et l’art de la navigation. Ce dernier point constitue une nouveauté dans la liste des compétences attendues chez le parfait gentilhomme. On peut y voir le reflet de la politique royale menée au XVIIe siècle pour faire de la France la grande puissance navale européenne.

Dans la première édition de 1678, les trois matières font l’objet de tomes séparés, mais dans les éditions suivantes, dont celle présentée ici, elles se trouvent regroupées en un seul volume. Pour réaliser son ouvrage, GUILLET avoue d’emblée que, s’il s’est inspiré pour une part d’expériences personnelles, le contenu de l’ouvrage résulte essentiellement de ses lectures et surtout d’entretiens avec des spécialistes : « Ainsi dans mon Dictionnaire je ne vous donne pas mes propres expériences, mais, ce qui est bien d’un plus grand poids, je vous donne celle de quantité de personnes que j’ai choisies, chacune dans un art différent. »

Dans sa préface il rend hommage à ces personnes, comme par exemple à Jacques de SOLLEYSEL, auteur du Parfait mareschal, ou encore à Alain MANESSON MALLET. La proximité de l’auteur avec ces spécialistes explique que les définitions sont précises et dispensent des conseils pratiques. Par exemple, dans l’article Aides (partie consacrée à l’équitation) : « Aider est soutenir ou secourir un cheval… aidez votre cheval du gras des jambes, aidez-le du talon délicat, aidez-le de la langue… vous ne travaillerez jamais bien, si vous n’avez pas une grande attention & beaucoup d’activité… & donnez les aides à propos, autrement vous accoutumerez le cheval à s’y endormir. » Dans la partie consacrée à l’art militaire, les termes sont souvent illustrés d’anecdotes et d’exemples.

GUILLET annonce en préface qu’il envisage un autre livre complémentaire de celui-ci, intitulé Les plaisirs de l’homme d’épée qui ne verra jamais le jour. L’ouvrage s’ouvre sur une dédicace à Monseigneur le Dauphin.



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