Agriculture

Agronome, ou le dictionnaire portatif du cultivateur (L’)

contenant toutes les connaissances pour gouverner les biens de campagne, & les faire valoir utilement, pour soutenir ses droits, conserver sa santé, & rendre gracieuse la vie champêtre. Ce qui a pour objet, 1°. Les terres à grains, la vigne, les prés, les bois, la chasse, la pêche, les jardins, tant de propreté que d'utilité; les fleurs recherchées, les plantes usuelles, les bestiaux, chevaux & autres animaux. 2°. Les principales notions qui peuvent donner l'intelligence des affaires, jusqu'au degré suffisant pour défendre son bien, tant dans les matières rurales que civiles. 3°. Les remèdes dans les maladies ordinaires, & autres accidents qui arrivent aux hommes & aux animaux. 4°. Les divers apprêts des aliments; & tout ce qui peut procurer une nourriture saine & agréable. Avec un nombre considérable d'autres instructions utiles & curieuses, à tout homme qui passe sa vie à la campagne

Auteur(s) : ALLETZ Pons Augustin

 A Paris chez Savoye, rue saint Jacques, à l'espérance
 Edition revue, corrigée et augmentée, dans laquelle on a remis dans leur ordre alphabétique le supplément et les observations (l'édition originale date de 1760)
  1770
 2 vol. : Tome 1. A-LUZ (XIII-472 p.), Tome 2. M-YEU (464 p.)
 In-douze
 plein veau fauve, dos à cinq nerfs, caissons ornés de fleurons dorés


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Pons-Augustin ALLETZ, avocat de son état à l’origine, se spécialise très tôt dans les dictionnaires et les synthèses dans lesquels il traite des sujets les plus variés. Sa longue bibliographie va de l’Histoire des singes et autres animaux curieux à un Abrégé de l’histoire grecque en passant par un Dictionnaire portatif des conciles *.
Il ne se présente d’ailleurs pas lui-même comme un auteur à part entière, mais plutôt comme un compilateur, et il précise en introduction : « On trouvera dans cet ouvrage, soit par extrait, soit quelquefois en entier, quantité de morceaux sur les objets les plus importants de l’agriculture, tirés des meilleurs mémoires qui en ont paru, ou dans les journaux ou dans les meilleurs traités particuliers. » Il cite comme sources, entre autres, le Nouveau parfait maréchal, de François-Alexandre de GARSAULT, sur les chevaux, et le Traité des cultures de la terre, de DUHAMEL du MONCEAU.

L’Agronome a un grand succès, au point qu’un “Avis des libraires”, placé au début du livre, met en garde contre les nombreux plagiats et contrefaçons déjà en circulation. Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre, cet ouvrage ne traite pas uniquement de l’agriculture et du travail des champs, mais aussi de l’élevage, de la pêche ou de la chasse, ce qui en fait l’originalité par rapport à d’autres traités similaires. On y trouve des conseils pour élever des dindons, dresser des chiens de troupeau, chasser le loup, créer une châtaigneraie, ou encore pécher des anguilles de rivière.

Pour l’auteur, un “agronome” n’est pas simplement un cultivateur mais également “un homme qui passe sa vie à la campagne et qui est ainsi éloigné d’une infinité de secours”. Cette définition justifie les informations prodiguées pour décrire les maladies et les remèdes qu’il est possible de confectionner sur place avec les moyens du bord afin d’endiguer ou de soigner les maux courants. Ainsi, pour traiter une plaie à la tête, il donne la recette d’un emplâtre à base de bétoine et de gomme d’élémi. Pour traiter la diarrhée, il recommande le sirop magistral tout les trois ou quatre jours “jusqu’à ce que le flux soit modéré“, et dans les intervalles prendre un “opiat astringent” composé d’écorce de grenade et de poudre de corail, accompagné d’un verre ce vin de sumac.

L’homme de la campagne est également « sujet aux lois de l’État, aux coutumes du lieu où il demeure », ce qui justifie les nombreux articles concernant les baux, les successions, les actes juridiques et le droit des affaires regroupés par l’auteur sous le terme de “matières rurales”. Enfin, et c’est là la partie la plus amusante et la plus inattendue, l’agronome est défini « comme un homme qui a des amis, avec lesquels il se délasse… de ses occupations champêtres,… et leur donner de temps en temps quelque repas où règne la propreté et la délicatesse, qui est flatté du plaisir d’avoir chez lui quelque boisson agréable & peu commune à la campagne ».

Beaucoup de définitions portent sur les différentes manières d’apprêter et de cuisiner viandes, légumes et fruits. Par exemple, l’article sur le bœuf débute par une présentation des caractéristiques de l’animal. Puis suivent des conseils pour veiller à sa bonne santé, et enfin une série de recettes pour cuisiner les différentes pièces de bœuf (bœuf miroton, langue de bœuf en ragoût, gras double, etc.). La partie consacrée à la vigne et au vin a fait l’objet d’un soin tout particulier et constitue un hommage d’ALLETZ à ce breuvage « puissant recours, que la nature a donné à l’homme pour réparer ses forces et ranimer ses esprits ».



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