Automobile

Recettes du chauffeur (Les)

Recueil de notions, procédés et recettes utiles à un conducteur de véhicule mécanique (voiture, motocycle, motocyclette). Indication des pannes principales et des remèdes à leur apporter.

Auteur(s) : BAUDRY de SAUNIER Louis

 Paris, Bibliothèque Omnia, L. BAUDRY de SAUNIER, éditeur, 20, rue Duret
 nouvelle édition (la première date de 1901)
  1911
 1 vol (674 p.)
 In-octavo
 cartonnage en percaline rouge brique, frise décorative et oprnements floraux au premier plat
 ouvrage renfermant de nombreuses gravures et photographies ; encarts publicitaires


Plus d'informations sur cet ouvrage :

Né en 1865, Louis BAUDRY de SAUNIER entame des études de droit quand il découvre la bicyclette. Fasciné par ce nouveau moyen de déplacement, il signe, entre 1891 et 1894, les ouvrages suivants :  Histoire générale de la vélocipédie, Le Cyclisme théorique et pratiqueLes Recettes et Procédés vélocipédiques et L’Art de la bicyclette. Après la parution de ces livres, qui connaîtront un beau succès public, il s’intéressera aux tricycles à moteur mais surtout aux premières automobiles qui font alors leur apparition en France.

En 1897, il publie un ouvrage en deux tomes intitulé L’Automobile théorique et pratique : traité élémentaire de locomotion à moteur mécanique ; le premier tome traitant du moteur, le second du châssis. Constatant que ses contemporains sont encore craintifs et témoignent même d’une appréhension viscérale vis-à-vis de ce nouveau type de véhicules, il se fixe comme conduite d’être pédagogue et vulgarisateur : “Ce que je désire, c’est qu’après m’avoir lu, tout homme, ou même toute femme, qui a du bon sens, soit persuadé que l’automobile est un être doux qui n’a jamais de colère, qui ne demande qu’un peu de soins, quelques regards seulement de «l’œil du maître» pour emmener, sans jamais de repos, ce maître heureux dans tous les pays et sur toutes les distances que réclame son caprice !”

BAUDRY de SAUNIER décide alors de rédiger un additif à son livre, en précisant que, pour comprendre ce complément, le lecteur se doit de posséder les notions élémentaires de mécanique présentées dans son précédent opus. Le nouvel ouvrage est d’abord édité à compte d’auteur, sous le titre Les Recettes du chauffeur. En 1906, il fonde la revue Omnia, revue pratique de locomotion qui, devenue une maison d’édition, publiera le livre en 1911 dans la version présentée ici.

“Ce livre, je l’espère, donnera à mes lecteurs quelques connaissances nouvelles. Il leur permettra de triompher des difficultés, en apparence considérables, que présente la « gestion » d’une automobile, de narguer le déboire et la panne, nos dieux infernaux !” Véritable thuriféraire de la révolution que constitue le déplacement en automobile, machine dans laquelle il voit la version la plus aboutie du progrès technique, BAUDRY de SAUNIER ne cache pas son agacement envers le comportement de certains automobilistes novices, qu’il qualifie de “crétins d’automobile”, et auxquels il fait reproche de dénigrer par leur comportement ce nouveau mode de transport et de nuire à sa promotion. C’est ainsi qu’il brocarde les bricoleurs du dimanche qui se piquent de mécanique et, ne parvenant pas à mener à bien leurs réparations, mettent leurs échecs sur le dos des constructeurs. Il fustige aussi les négligents qui ne comprennent pas qu’un véhicule nécessite entretien, soin et vigilance, et dont les difficultés, selon lui, sont dues à l’ignorance, la fatuité ou l’indolence.

Il passe vite sur les pannes qualifiées d'”irréductibles“, car synonymes d’interventions très lourdes, mais il s’attarde davantage sur les pannes dites “classiques“, qui se résolvent avec un peu d’expertise, de logique et un matériel adéquat. Enfin, il aborde les pannes “anodines” qui se règlent avec des manipulations simples et rapides. Il répertorie un grand nombre de pannes mineures – carburateur engorgé, courroie faussée, magnéto qui ne fonctionne plus, moteur qui ne démarre pas après trois tours de manivelle, pneumatique crevé, etc. -, mais son ouvrage va au-delà puisque nombre de ses recettes concernent l’entretien et la prévention ; le tout assorti de conseils pour bricoler de manière efficace et sécurisée. Il n’omet aucun domaine de l’automobile, de la soudure au nettoyage des sièges et des tapis. Il traite également, de manière détaillée, de l’éclairage électrique, des contraventions, de la “pharmacie de voyage” à garder à bord, de la manière de résoudre l’obstruction d’un carburateur ou de se prémunir, quand on conduit, des effets du froid sur le visage et les mains. Au fil des pages, l’auteur partage sa très grande expérience en se mettant souvent lui-même en scène et en prodiguant de très nombreux conseils souvent accompagnés d’illustrations.

Malgré le catalogue des ennuis qui peuvent s’abattre sur chaque conducteur, il veut partager sa foi inébranlable dans la voiture et son optimisme : “Je rassurerai toutefois les prochains amateurs d’automobiles, les hommes assez intelligents pour aimer le vrai progrès et en jouir, je les rassurerai en leur disant que, si les voitures mécaniques n’ont, pas plus que toute autre création terrestre, le privilège de l’infaillibilité, du moins trouvons-nous pour elles, dans notre cœur, à cause des merveilleux services qu’elles nous rendent et des joies profondes qu’elles nous causent, une intarissable source de pardon pour leurs fautes.”

La passion pour la mécanique, et plus particulièrement pour les automobiles, ne quittera pas BAUDRY de SAUNIER jusqu’à son décès, en décembre 1938. En dehors de son thème fétiche, il écrira aussi sur la TSF, les usages industriels et techniques de l’alcool, ou encore sur des sujets aussi variés que l’éducation sexuelle, la pédagogie et la langue française. Par ailleurs, rédacteur en chef de la revue du Touring Club de France, il se fera un promoteur du tourisme et un précurseur du caravaning. Son Code de la route commenté sera un véritable best-seller en son temps, atteignant les 500 000 exemplaires vendus.

Extraits

Vérification de la qualité de l’essence :

Pour rechercher rapidement si une essence donnée contient des parties lourdes, on peut utiliser le procédé suivant : Prendre un fragment de papier de soie (papier à cigarettes ou à copie de lettres), y verser de l’essence suspecte pour déterminer une ou deux larges maculatures. Laisser évaporer. Examiner par transparence ; si le produit a laissé sur le papier une tache graisseuse, c’est que l’essence examinée renferme des parties huileuses.

Manière de rechercher une fuite :

Il arrive quelquefois qu’on entende le sifflement d’une fuite sur un cylindre et qu’on ne parvienne pas à en déterminer l’emplacement exact. Pour trouver rapidement une fuite à un bouchon de soupape, au joint d’une bougie, etc., il suffit de saupoudrer de talc ou bien de farine les endroits où la fuite doit vraisemblablement se produire ; à l’endroit où elle se trouvera, la poudre sera chassée par le courant d’air. On peut aussi employer l’eau de savon, ou encore la flamme d’une bougie ou d’une lampe ; n’employer ce dernier moyen qu’avec circonspection sur une voiture, à cause de l’incendie. En cherchant par ces procédés une fuite sifflante, on a bien des chances d’en découvrir beaucoup de petites, silencieuses, que rien ne décelait.

Clapets qui cassent :

La matière employée pour la fabrication des soupapes de moteurs joue évidemment un rôle important dans la durée de ces soupapes. Mais un autre facteur peut intervenir de façon
sérieuse : c’est le pot d’échappement ! Je l’ai constaté en changeant, sur une voiture, un silencieux que je trouvais trop bruyant contre un autre que je jugeais moins tapageur. Les tiges des soupapes ont cassé fréquemment. — Elles n’ont plus cassé du jour où j’ai remonté l’ancien silencieux. En effet, le silencieux moins tapageur ne laissait plus au gaz assez d’écoulement ; une contre-pression se créait ; les tiges d’échappement s’échauffaient au rouge blanc — et cassaient. C’est très simple.

Les papiers de la voiture. — Beaucoup de propriétaires d’automobiles ont la mauvaise habitude de loger dans leur portefeuille la carte grise qui concerne leur voiture. On sait que, si un agent de l’autorité requiert cette carte pendant que la voiture est en service, elle doit lui être fournie séance tenante. Il est des cas où l’absence de carte grise peut déterminer l’agent à mettre en fourrière la voiture jusqu’à ce que la carte ait été produite. D’où désagrément très sérieux souvent lorsque la carte est loin de la voiture. Or, il peut arriver que vous oubliiez chez vous votre portefeuille — avec la carte grise qu’il renferme. L’agent vous surprendra nécessairement le seul jour de l’année où vous aurez oublié votre portefeuille dans un veston resté pendu au vestiaire ! Il est donc tout indiqué de loger la carte grise de voiture dans la voiture elle-même. Ne la placez plus dans votre portefeuille (dans votre portefeuille conservez seulement la carte rose, qui vous est personnelle) ; placez-la bien à l’abri de la pluie, de l’huile et de la poussière, dans la carrosserie même. Il semble que l’endroit le plus favorable pour la loger soit le dessous de la planche sur laquelle repose le coussin d’un des voyageurs. Le coussin du carburateur recouvre souvent le réservoir d’essence ; l’emplacement serait mauvais : mieux vaut la planche du coussin d’un voyageur. En cas d’alerte, il lui faudra deux minutes pour sortir de sa cachette et se montrer à Pandore.



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